3 astuces pour l'instruction en famille avec un enfant de 3 à 6 ans -
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3 astuces pour l’instruction en famille avec un enfant de 3 à 6 ans

Votre enfant a entre 3 et 6 ans et vous vous lancez dans l’instruction en famille ? Je vais peut-être en choquer certains avec ces astuces, pourtant est-ce que ça ne vous semble pas relié à votre instinct ?

C’est vrai qu’on a l’impression que lorsque notre enfant atteint trois ans, c’est tout autre chose.

Tout à coup, on ne doit plus s’en occuper de la même façon.

Mais en réalité que s’est-il passé ?

Est-ce l’âge où nous devons leur apprendre des choses ?

En réalité, il s’agit uniquement d’une demande sociétale, institutionnelle, d’une croyance.

Je vous mets au défi d’apprendre à parler à un enfant, ou même de lui apprendre à marcher alors qu’il n’en a pas le souhait. 

C’est impossible et même ridicule.

Personne ne remet en cause le fait qu’un enfant apprend à marcher, ou à parler par lui-même (ça n’empêche pas la main bienveillante), à son rythme, lorsqu’il est prêt.

Par contre, dès ses trois ans, c’est l’adulte qui doit lui enseigner, il ne serait plus capable de faire par lui-même…

  • Lui enseigner à faire des algorithmes avec des gommettes ou des perles
  • à mettre son manteau
  • à colorier sans dépasser, à reconnaître les lettres…

Et j’en passe !

Et ça, ça ne choque personne…

Malheureusement, nous ne pouvons pas remettre en question plus d’un siècle de pédagogie institutionnelle comme ça (ce n’est pas faute d’avoir essayé !), mais en instruction en famille, nous pouvons réfléchir autrement.

Voici donc quelques astuces pour vous sortir de ce formatage et rester dans le respect du rythme de votre jeune enfant.

L’instruction en famille de 3 à 6 ans, c’est la continuité du maternage

Avant ses trois ans, vous avez certainement mis en place une routine.

Vous avez créé une relation de confiance avec votre enfant, développé un lien qui lui a permis de s’épanouir et d’apprendre en toute sécurité.

NE CHANGEZ RIEN !

Vous savez faire et c’est parfait ! 

Non, vous n’avez pas besoin d’acheter du matériel, de le saturer d’activités, de lui demander de se concentrer sur des sujets… comment dire ? dénués de sens pour lui.

Vous vous êtes toujours adapté(e) à l’intérêt de votre enfant, à ses périodes sensibles de développement (c’est un terme abordé par Maria Montessori)…

Et tout ça instinctivement, naturellement. 

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Et bien, continuez comme ça, restez présent(e) et à l’écoute, répondant aux besoins de votre enfant.

Pas besoin de connaître les termes, les procédés pédagogiques, la zone proximale de développement (Vygotski)…

Ça c’est bon pour les enseignants (et encore), pour les aider à gérer beaucoup d’enfants qu’ils n’ont pas mis au monde, avec qui ils ne sont pas reliés…

Vous avez donc juste à être vous-même, tout simplement, à vous laisser guider par votre coeur et partager des moments complices.

Des petites histoires racontées plusieurs fois par jour, faire la cuisine ensemble, jouer à la poupée, faire un chat

Rien qu’avec ces activités qui paraissent « anodines », l’enfant aura « travaillé »

  • son langage oral,
  • sa capacité de compréhension et de concentration,
  • sa dextérité,
  • son estime de soi,
  • sa capacité d’analyse,
  • sa motricité fine,
  • la compréhension du monde qui l’entoure

et j’en ai sûrement oublié. 

J’ai vu des parents qui prenaient des cours par correspondance dès les trois ans de l’enfant.

S’il vous plait, ne tombez pas dans ce formatage, pas pour cet âge…

Passer un maximum de temps dehors avec votre enfant

C’est bien simple : tout ce qui ne fait pas sens pour l’enfant n’a pas lieu d’être.

Les fiches sont à bannir !

Sauf bien sûr si c’est l’enfant qui le réclame et qu’il y prend plaisir.

Coller des gommettes, c’est excellent, super drôle.

Mais si on doit coller ici et pas là, dans tel sens et pas dans un autre… c’est barbant !

Et vous savez ce que ça fait ?

Ça tue la créativité des enfants, ça musèle leur cerveau droit. 

Nous sommes des êtres sensibles, créatifs, qui aimons expérimenter sans contraintes.

L’endroit qui se prête à merveille à cet élan est la nature.

C’est notre élément, petit comme grand.

C’est là que nous puisons notre force, que nous inventons, que nous expérimentons.

Et les enfants encore plus, car ils n’ont pas été coupés de leur instinct. Ils retrouvent très vite le lien qu’ils entretiennent avec dame nature.

C’est LA source intarissable des apprentissages.

Vous habitez en ville ? 

Pas de soucis, il y a maintenant des parcs partout, des jardins partagés, des arbres…

L’enfant, plus il est petit, plus il s’intéresse à ce qu’il a sous les pieds, au monde minuscule…

Il peut passer des heures à observer des insectes, une fleur, à faire naviguer une feuille dans une flaque, à malaxer la boue…

Pas besoin de 20 hectares.

D’ailleurs bien souvent, lorsqu’on se fixe comme objectif une ballade de 5 km, c’est compliqué ! Les 200 premiers mètres auraient suffi !

L’enfant, à l’extérieur va être capable de comprendre des notions aussi abstraites que les différents états de l’eau, que les notions de classification, des notions de géométrie.

Il va aussi apprendre à se connaître, à se respecter, à évacuer ses émotions

Charlotte Mason, qui préconise beaucoup de travaux formels par la suite, conseille de passer plusieurs heures par jour dehors avec les enfants jusqu’à leurs 6 ans.

Bref, sortez, vous ne louperez rien !

Abandonnez les programmes

Le titre est provocant… C’est fait exprès !

Je ne dis pas qu’il faut être hors la loi…

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Déjà, rappelons brièvement la loi (pour l’année 2021-2022, car après c’est encore incertain) :

  • Les enfants en instruction en famille doivent progresser jusqu’à avoir atteint, à leurs 16 ans, l’ensemble des compétences du socle commun.
  • J’ai bien dit du socle commun et pas des programmes scolaires.
  • L’inspecteur a le droit, quant à lui, de se référer aux compétences de cycle, mais nous ne sommes pas obligés de nous y tenir.

Pour avoir plus de détail, rendez-vous sur le site de l’UNIE.

Une fois ce petit point fait, rappelons une autre chose : ce n’est pas parce qu’on n’enseigne pas (de force) aux enfants qu’ils n’apprennent rien !

Donc même si vous ne regardez pas ou ne suivez pas les programmes scolaires et que vous vous « contentez » de vivre avec votre enfant, en allant à son rythme et en suivant ses envies et intérêts, vous aurez « coché » beaucoup (voir toutes) les cases du livret scolaire de compétences.

Alors faites-vous confiance, faites confiance à votre enfant, encore petit et plein de joie de vivre, de soif d’apprendre !

Ne vous mettez pas déjà la pression !

Et lorsque viendra la convocation pour le contrôle pédagogique, prenez les attendus de fin de cycle 1 (les compétences de socle n’étant pas adaptée au cycle 1, comme quoi…).

Amusez-vous à remplir les cases avec les activités que vous avez faites naturellement, sans y penser réellement, sans avoir fait un emploi du temps ou quoi que soit.

Vous serez surpris(e), ça vous donnera confiance en vous.

Donc oui, lâchez les programmes et continuez à vivre avec votre enfant. 

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que vous me rejoignez dans cette réflexion ?

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2 commentaires

  • Miss Obou

    Coucou Marion,
    Je te rejoins à 200%! L’autre jour, il pleuvait et je me demandais bien comment j’allais pouvoir occuper mon bonhomme. Et bien c’est tout simplement lui qui a fait son programme : peinture et ensuite il est allé jouer dehors, sous la pluie et il avait le sourire jusqu’aux oreilles! Que c’est bon de le voir s’épanouir ainsi!
    Merci pour cette belle réflexion!

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