émotions

Je veux voir des copains !

Nous sommes encore en pleine remise en question ! Il arrive que je me demande si ça s’arrêtera un jour (les remises en question), je trouve ça parfois épuisant ! Mais en même temps, c’est également super motivant… Je crois que c’est mon petit moteur à moi. J’adore être dans la création d’un projet, imaginer, chercher, aller vers. Je me rends compte que l’objectif change souvent, mais que l’élan est toujours là.

Bon, je rentre un peu plus dans le sujet. L’interrogation du moment, pour notre famille, c’est « Qu’est-ce qu’on fait ? On déménage pour un habitat participatif ? Ou alors on lâche tout et on part en voyage ? On vit en tiny housse ? Ou encore on continue les travaux à la maison et on accueille une famille avec des enfants ? … »

Notre point de départ : notre grand, Tilouann qui va avoir 8 ans, réclame sans cesse à voir ses amis. Seulement, soit ils sont à l’école, soit il faut faire 45 minutes de route pour les voir. Et Loon, 4 ans, commence sérieusement à suivre le même chemin. On se rend compte que leur besoin de partages avec des amis n’est pas suffisamment comblé. Nous aimerions vivre dans un endroit où ils pourraient être autonomes dans leurs relations, un endroit où ils pourraient sortir pour voir des amis seuls, sans risque de voiture et sans devoir attendre notre disponibilité. C’est aujourd’hui notre priorité.

Les solutions pour se créer un réseau

Aujourd’hui, nous vivons avant un hameau dans une ancienne ferme. Les premiers copains sont à 200m de la maison et vont à l’école. Il me semble que plus les enfants grandissent, moins ils font partie du groupe. Du coup, ils sont mis de plus en plus à l’écart par leurs copains scolarisés. Seul un copain qui se trouve à dix minutes de voiture est resté toujours le même avec Tilouann. Dans un article de Pass-éducation, ils parlent de plusieurs façons de conserver les amis scolarisés, j’avoue que nous avons fait tout ça, mais ça n’empêche pas que les relations s’étioles quelque peu…

De plus, nous avons un réseau « non sco » avec qui nous nous entendons vraiment bien. Les enfants comme les adultes adorent se retrouver. Seulement, nous sommes à 20 minutes pour les plus proches et 45 minutes de voiture pour les plus éloignés. Du coup, nous ne nous voyons pas plus d’une fois par semaine. Et encore, l’hiver, c’est encore moins souvent. 

Il y a également les activités, mais ça reste une heure par-ci, une heure par là…

Ce n’est vraiment pas assez pour les enfants, du coup, nous cherchons une autre solution qui pourrait satisfaire tout le monde : la vraie prise de tête !

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Comment s'est déroulé notre contrôle pédagogique

La recherche de solutions

Voici quelques pistes que nous creusons en ce moment :

l'habitat participatif ou léger pour vivre ensemble

L’habitat participatif

Nous avons tenté de trouver un lieu pour faire un habitat participatif, intergénérationnel, ouvert sur l’extérieur… Sur deux projets vraiment chouettes, nous nous sommes heurtés à la Safer (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural, en gros ils gèrent les terres agricoles) qui a préféré donner le projet à des gros agriculteurs du coin où à des promoteurs immobiliers. Le premier projet regroupait 20 familles et le deuxième 10 avec une installation agricole. D’un côté ça aurait pu être génial, de l’autre il y en avait pour au moins 7 ans avant de pouvoir commencer une vie d’échange et de partage avec les autres habitants, le temps de l’acquisition, des travaux communs puis individuels et tout ce qui s’en suit… On se rend compte que c’est trop long pour nous !

Les habitats légers

Nous avons donc pensé à l’acquisition d’un terrain, de se mettre à plusieurs familles en habitat léger et de construire un logement en dur pour les communs comme une grande salle, cuisine, buanderie et lieu libre pour les enfants. Cependant, là encore, c’est loin d’être simple ! Premièrement, beaucoup de familles hésitent à habiter dans des petites surfaces, deuxièmement c’est vraiment compliqué de trouver un lieu sur lequel les habitats légers sont tolérés. Rien ne nous certifie que nous ne serions pas expulsés au bout de X années.

Le partage de notre habitat

Finalement, nous nous disons que nous allons peut-être garder notre maison, continuer les travaux et faire trois appartements pour que nous puissions vivre à plusieurs au même endroit. Nous pourrions louer ou racheter le terrain juste en face et poser des yourtes pour faire un lieu pour les enfants dans lequel ils pourraient se retrouver et évoluer à leur guise. Les caves pourraient servir de communs.

Trouver un lieu existant

Une dernière solution s’offre à nous : trouver un lieu existant qui chercherait une famille avec des enfants. Ça pourrait également être une solution. Mais je m’aperçois que ce n’est pas facile à trouver, les places sont chères, recherchées. Et puis ce n’est pas évident de « s’incruster » dans un groupe existant sans connaître personne…

La découverte d’une autre culture

Allez, encore une petite dernière pour la route : vendre la maison et partir vivre dans un autre pays quand nous ne sommes pas avec les brebis… Alors là, autant vous dire que ça fait surgir des tonnes de nouvelles questions ! Mais je ne vais pas en parler dans cet article, on verra ça plus tard !

Profiter du moment présent

il faut savoir profiter du moment présent

Dans tout ça, il me semble important de se rappeler de ne pas oublier de profiter du moment présent. En effet, si nous sommes tout le temps en train de se projeter et de chercher autre chose, on peut en arriver à oublier de vivre, tout simplement, l’instant présent.

Chercher autre chose parce que les besoins changent, ok, mais finalement c’est comme de se dire : « ça ira mieux quand… ».

Lorsque nous sommes dans cette dynamique, c’est surement une fuite. On ne sait pas ce qui va venir ensuite. Alors que nous savons ce que nous avons, là, tout de suite.

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Sommes-nous esclaves de nos enfants ?

Petit bilan sur notre vie

Nous avons fait le choix d’une vie sans école. Nous en sommes très heureux. Nos enfants sont vraiment épanouis. Ils se réveillent lorsqu’ils sont bien reposés. Ils sont respectés dans leurs choix et dans leurs particularités. Et puis, ils savent se montrer altruistes et ouverts. Plus que tout, ils aiment le contact avec les autres personnes.

Le cadre que nous avons choisi pour vivre est vraiment chouette. Le contact avec la nature est quotidien, nous sommes même en immersion complète 4 mois dans l’année. Que demander de plus ? Vous pouvez découvrir un bout de cette vie dans l’article Bergers, quatre mois entre unschooling et brebis.

Nous faisons également tous les deux un travail que nous avons choisi et qui nous remplit de satisfaction (à défaut de remplir notre porte-monnaie 😉). 

Nous avons un toit sur la tête et nous mangeons très bien, en nous respectant et en respectant notre environnement. 

Notre couple se porte de mieux en mieux. Les enfants nous font grandir et nous apprenons à nous connaître et à nous respecter, mutuellement comme personnellement.

Nous vivons en unschooling, loin, très loin des programmes scolaires. Cependant, le contrôle pédagogique est favorable, il est donc possible de répondre à leurs attentes même avec notre vie plus qu’atypique et nos enfants neuro-atypiques (en fait je ne parle que pour Tilouann). Je vous raconte ce contrôle ici.

Ouh, que ça fait du bien d’écrire tout ça ! Je me rends compte de notre vie actuelle, de sa richesse et je suis reconnaissante pour ça. J’ai choisi sciemment de ne citer que le positif, ce que nous avons réussi à mettre en place. 

Ce paragraphe m’aide à me rendre compte de notre quotidien. Certes, il y a des choses qui ne nous conviennent plus, comme le manque de relations pour nos enfants, mais n’oublions pas de profiter de tous ces moments choisis.

Continuer le chemin

Je vous conseille donc de faire la même chose sur votre parcours, sur votre vie et de célébrer le moment présent. C’est une super base finalement pour faire les bons futurs choix, sans précipitation. Chaque chose en son temps.

Une fois le chemin parcouru remémoré, on peut se concentrer à nouveau sur quelque chose que nous aimerions changer, sans oublier ce qui est important pour nous.

Le bonheur se cueille chaque jour cependant il ne s’agit pas de s’endormir sur ses lauriers ! Il est bon de se remettre en question, sans toute fois oublier de profiter de la joie déjà présente. Vous voyez où je veux en venir ?

À chaque fois que j’écris pour le blog, je remercie la réflexion que ça m’apporte. C’est réellement quelque chose d’important pour moi. L’écriture m’est salvatrice et je l’ai découvert vraiment grâce à vous, vous qui me suivez et me soutenez et avec qui j’ai envie de partager mes réflexions. Merci 🙏.

C’est à vous

N’hésitez pas à partager vos doutes, remises en question, ainsi que vos joies dans les commentaires. Est-ce que pour vous aussi ce manque de copains se fait sentir ?

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7 commentaires

  • Sophie

    Coucou et merci pour tes articles de qualité. Le problème des copains s’est posé aussi pour mes deux garçons. Et pourtant, on est à Londres, avec des tas et des tas d’opportunités de sociabiliser, des cours, des sorties, des groupes de jeux par dizaines… On n’avait juste personne dans le quartier, pendant les activités ils ne jouaient pas vraiment avec les autres (on ne savait jamais qui on allait retrouver) et organiser des rencontres m’épuisait, les gens n’avaient pas le temps. Mes enfants devaient de plus en plus anxieux. Notre solution a été une petite structure démocratique de 12 enfants, dans un joli bout de nature à Londres. Ils y vont trois jours par semaine, ont des copains avec qui ils jouent toute la journée (pas de cours ni rien d’obligatoire) et le reste du temps on est en non sco à la maison. J’envisage de rentrer en France à la campagne comme vous mais je sais qu’on sera très isolés, que ce bonheur du groupe va leur manquer surtout à l’âge fin de primaire / collège et cela me fait peur… Je suis intéressée par tes solutions et j’espère que vous allez trouver quelque chose qui vous convient. Tu as raison, regardons tout ce qui va et n’oublions pas toutes les bonnes choses!

    • Marion Billon

      Merci pour ton commentaire ! C est vrai que ça doit être chouette un lieu libre pour les enfants, sans parler d’une école même démocratique… je me pose aussi la question de créer un lieu comme ça. Je vous tiendrai au courant de l’évolution des choses grâce au blog. Bon retour en France 😉

    • Bernascon Amandine

      Bonjour Sophie, merci beaucoup pour ta réponse. Pourrais-tu me dire de quelle école tu parles stp à Londres? Je cherche à développer ma connaissance sur les écoles démocratiques en ce moment. Merci beaucoup!

  • Meli

    C’est une question que je me pose parfois pour mon fils. Il est encore jeune (2 ans 1/2) et n’a pour le moment pas exprimé ce besoin. Il y a une maman sur la toile qui a mis ses enfants -unschoolers depuis la maternelle- à l’école car sa grande le lui demandait pour avoir des “copines” justement et le petit frère a suivi la grande.

    Je pense pour ma part à garder des enfants IEF avec qui mon fils s’entend bien, quand il sera plus grand (et s’il exprime le besoin de voir des copains régulièrement) au moins une après-midi par semaine en échange de troc (nourriture bio par exemple). Mon cas est cependant plus facile car j’habite à côté d’une ville moyenne et les familles IEF se rejoignent entre elles déjà une fois par semaine (voire plus). Il y a aussi les activités périscolaires qui peuvent être un bon moyen de copiner (musique, théâtre, sport, etc 🙂 )

    Je sais qu’il y a un groupe facebook pour les familles IEF comme vous qui cherchent à se rapprocher et vivre dans des villages communs 🙂

    • Sarah Lima

      Hello! Mes enfants sont à l’école.
      Je Jamais pensé à faire différemment malgré certaines choses du système scolaire ne me plaise rien de tout.
      J’ai un espace où nous proposons plein d’activités aux enfants.
      J’ai déjà eu un enfant « Unsco », qui m’a fait bcp réfléchir sur ce système.
      En plus la dernière année j’ai eu pas mal de conseil pour proposer des activités à ce public.
      Étant une famille qui aime bien les voyages long parcours en voiture, ayant des enfants extrêmement plein d’énergie et comme même ayant un sprit de liberté et de profiter la vie, je pense que avoir un moment de découvertes et de unschooling ça fait bien aux enfants et aux parents. Mais avoir toute une vie comme ça peut être radical ou pas, je ne suis personne pour en juger.
      Revenant sur votre question sur comment aider les questions des enfants par rapport les copains et voyant le cadre exposé, je crois que profiter de votre maison pour proposer des séjours à d’autres « unsco », serait une très bonne idée. Franchement je pense qu’il faut pas trop compliquer la vie, faites un petit réseau, invitez les gens à venir passer quelques jours chez vous, puis proposez de faire tourner cet idée en vous proposant de aussi vous déplacer vers d’autres maisons. Vous pourriez faire ça pendant les week-ends, laissant les semaines pour votre quotidien habituel.
      L’être humain a besoin De découvertes, de sortir du commum, mais il a besoin aussi d’avoir des repères et des moments des habitudes. vivre les découvertes n’a pas de sens si on ne peut pas partager nos expériences et raconter à n’importe qui n’as pas non plus de sens quand on veut se sentir rassure se raconter en intimité les expériences qu’on vie, surtout au quotidien. je trouve que pour cela peut être la demande des copains. Aujourd’hui l’internet et les app type Skype permettent de se rapprocher de n’importe qui à l’autre but du monde. Donc un réseau online quotidien ne serait pas mauvaise idée pour soulager cette insatisfaction des enfants 😉
      mes enfants même vivent loin de notre famille, les vois que 1 fois par an, mais depuis qu’ils sont nées on fait des appels vidéo au moins 1 fois par semaine. Ils savent aqui sont les mamies/papis/oncles/tantes/cousins etc.
      Mon aînée de 5 ans commence à se rendre compte de la valeur de la famille et aime bien les appeler et raconter ses expériences quotidiennes. Ils dit que les aime et que adore avoir une grande famille. Ça n’aurait pas effet si nous n’avions pas utilisé l’internet comme moyen d’intégration et de rapprochement.
      Pour finir mon long discours je pense qu’il ne faut pas trop non plus se martiriser. Meme nous les adultes n’avons pas trop de vraies amis. Moi même ayant des amis dans tous les coins du monde, une petite liste d’amis dépassant 2mil personnes, peut vous assurer que les vraies amis ne dépassent une vingtaine de personnes sur une quarantaine d’années de vie, donc expliquer aux enfants que c’est toujours cool faire des amis partout ils vont ne veux pas dire qu’ils sont les vraies amis. Ça ils vont les vérifier à chaque moment de difficulté de la vie où ils vont apercevoir qui est vraiment à leur côtés et qui n’est vas pas trop participer, bref juste pour dire que savoir vivre  « seul » n’est pas si mauvais, quand on sait se débrouiller tout seul, quand on est heureux avec nous même on sera heureux aussi avec n’importe qui ou n’importe où.
      J’espère pouvoir contribuer un peu et profite pour dire que ces échanges indépendamment de nos choix autant que la méthodologie d’apprentissage de nos enfants, sont très enrichissantes.

    • Marion Billon

      Merci pour ton témoignage. Je suis sur un groupe comme ça… pour l’instant nous n’avons rien trouvé qui nous appelle . Nous laissons donc venir !

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