Après une saison en alpage, c'est parfois dur de redescendre
bergers en famille,  parent solo

Comment revenir à la civilisation

Comment revenir à la civilisation après une saison de 4 mois dans les belles montagnes des Alpes ? Une déconnexion totale a des avantages, beaucoup d’avantages, mais le retour est parfois bouleversant, violent… pour moi, pour les enfants. 

Avant de poursuivre, un petit retour en arrière s’impose.

Une saison de bergère loin de la civilisation

Je suis bergère 4 mois dans l’année dans la vallée de Névache, au-dessus de Briançon.

Quelles émotions surgissent en vous lorsque je prononce ce mot ? Bergère…

Souvent les personnes en rêvent, se représentent un métier bucolique. Ça stimule l’imaginaire, ça peut même donner envie.

C’est une vie tellement à part, comme une parenthèse. 

Plus rien n’est pareil à la vie « d’en bas ».

Petite cabanes perchées entre 2000 et 2500 m d’altitude, avec des paysages à couper le souffle, une vie nature, tout le temps dehors, entourés des éléments sauvages, bruts…

Une petite cabane dans un grand paysage

Internet ? On oublie…

Le courrier ? On oublie…

Le téléphone ? À quelques points stratégiques…

L’électricité ? Un simple panneau solaire pour alimenter quelques LED et recharger le téléphone.

Donc oui on oublie aussi la machine à laver, le mixer et tout le reste…

L’eau chaude ? Une cabane sur deux uniquement lorsqu’il a fait soleil la journée.

Voilà pour le côté « quotidien ».

Pour le travail, c’est encore une autre chanson. Je ne compte plus mes heures, je vie, je pense mouton.

C’est la gestion du troupeau de 6000 pattes, la lecture et l’entretien du territoire, de la biodiversité, la gestion de l’herbe pour en avoir durant 4 mois, les soins des bêtes malades ou blessées, quelques mises bas d’automne, la cohabitation avec les loups, les orages, la neige, la sécheresse…

ll n’était pas prévu, celui-là !

C’est le dépassement de ses limites, le travail avec du vivant, beaucoup de vivant, et les éléments abrupts, les conditions extrêmes…

Et mes enfants qui m’accompagnent une semaine sur deux, qui sont tellement enthousiastes de cette vie et puis parfois ils en ont marre…

C’est à la fois bouleversant et en même temps trop bon.

C’est si éloigné de ce que nous avons l’habitude de vivre pourtant tellement simple, en lien avec la nature…

Le retour à la vie « normale », « normée », est parfois chaotique.

Je ne voulais pas ça

Je me suis séparée d’avec le papa des enfants durant l’hiver. J’avais besoin de renouer avec mon ancien métier dans lequel je me sens bien.

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Une naissance en directe

Seulement j’avais besoin également de consacrer du temps aux enfants pour qui la séparation est bien évidemment compliquée et puis en même temps j’avais besoin de prendre soin de moi, de me reconstruire, me retrouver…

À tous ces paramètres, j’ai ajouté le fait que je souhaitais continuer d’alimenter le blog.

J’ai donc imaginé une organisation à trois femmes : deux aides-bergères à mi-temps et moi à plein temps.

Ça pouvait faire… 

Mais une des aides-bergères est partie en juillet… je me suis retrouvée à travailler bien plus que ce que j’espérais. 

Jusqu’en septembre ça a été très dur, j’ai pris cher… 

J’ai donc laissé tomber le blog, c’était mieux que les enfants, hein ? 

Ranger son espace, ranger sa tête

La saison s’est terminée le 13 octobre.

Le temps était complètement fou cette année. Un après-midi nous atteignions les 20° pour le lendemain se faire éblouir par un petit tapis de neige.

Ce matin la neige est au rendez-vous pour mon verre d’eau

L’automne est malgré tout moins intense au point de vue du travail : les journées rétrécissent et la taille du troupeau aussi. Les brebis qui vont mettre bas descendent plus tôt.

Le 13 octobre, je me suis donc retrouvée dans un camping, avec les deux voitures remplies à ras bord et plus de brebis…

C’est en même temps un choc et un soulagement, un relâchement…

Je ne savais pas quoi faire et pourtant je devais ranger, trier, organiser… passer à mon autre vie.

C’était la panique, le flou, le vide, le trou noir dans ma tête.

Et quand même je me suis mise en action, petit à petit.

Les enfants m’ont rejoint deux jours après, j’ai continué à ranger et en même temps nous allions voir les copains qui nous avaient drôlement manqués.

Je me suis tapé une sinusite de folie, mon corps s’est également relâché.

Une fois que tout a été rangé, que les enfants sont retournés chez leur papa, je me suis accordé quelques jours de repos, mais pas trop quand même, faut pas déconner…

En fait, c’est fou, mais je ne sais pas rien faire, me poser, tout simplement. Je reste invariablement en action. Je dois me faire violence pour rester assise le temps de boire une tasse de thé. 

C’est grave docteur ?

Un retour au travail

Lorsque j’ai récupéré les enfants, nous sommes partis voir la mer avec le camping-car. Les enfants voulaient un camping avec toboggan, piscine, jeux…

Autant vous dire que j’étais moyennement enthousiaste. 

J’ai donc tenté le compromis : les emmener une journée dans un parc d’attractions puis une semaine dans un coin nature en bord de mer.

Un coin nature de mer : plage de Cabasson
Le calme de la mer… transition

Quelle riche idée ! Je n’avais pas calculé, mais nous nous sommes retrouvés à Ok Corral pour le jour d’Halloween ! Quelle horreur, c’est le cas de le dire. En termes de bain de foule, bruit, plastique, bonbons, je ne pouvais rêver mieux. 

Les enfants ont apprécié, c’est le principal. 

Et nous avons d’autant plus savouré la tranquillité de la mer… C’était très chouette.

Là je suis de retour dans mes quartiers d’hiver : dans la vallée du Jabron, un magnifique lieu chez des personnes que j’apprécie énormément.

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Comment se passe le dernier jour en alpage ?

Et après une soirée au cinéma, je suis maintenant fin prête à reprendre mon activité sur le blog, échanger, construire de nouveau avec vous, mes chers parents iefeurs, pour le bien de nos enfants.

La transition est faite, je suis heureuse de vous retrouver…

Et dès la semaine prochaine, nous reprenons l’instruction à proprement parlé… Beaucoup de unschooling, un peu de pédagogie par projet et un soupçon de formel, voilà notre formule (magique ?) pour cette année.

C’est à vous

J’ai tout de même une question, enfin plusieurs, à vous poser : 

Est-ce que les articles vous ont manqué ?

Comment s’est passée votre non-rentrée ?

Comment puis-je vous aider au mieux, de quoi auriez-vous besoin ? 

L’espace de commentaires attend vos réponses, merci les gens 😁

Partager l'article :

6 commentaires

  • Default Émeline

    Hello, ravie de te retrouver parmis nous 😊
    Chez nous il y a eu du changement…
    Nous avons vendu notre maison avons acheter un bout de terre avec étang et forêt que tu verre sur notre page.
    Marius évolue bien même sil n’aime pas trop ce qui est « scolaire » il préfère jouer dehors et travailler avec papa.
    Notre vie est au mieux un peu plus loin de la civilisation.
    En tout cas j’espère que tu va bien et surtout prend soin de toi.

  • Claire

    Quel plaisir de te retrouver à travers tes écrits! J’imagine à quel point le retour à la civilisation doit être compliqué…surtout un soir d’Halloween! lol! Oui, j’avoue que le métier de bergère me fait rêver…mais pour quelques jours, peut-être une semaine ou deux grand maximum! Ce n’est pas la civilisation qui me manquerait mais l’eau chaude! 🙂 Et la quantité de travail à abattre aurait peut-être raison de moi aussi, même si je ne recule pas (trop) devant la tâche!
    Je te souhaite un bon retour parmi nous! 😉

  • Valérie GUET

    Bonjour Marion,
    Oui vos mails m’ont manqué et je suis contente de les retrouver !
    L’été est passé très vite ici aussi cependant.
    J’ai repris un travail à temps partiel, le rythme des apprentissages se trouve donc un peu chamboulé.
    On s’attaque aux basiques, on élague le superflu, avec une pedagogie minimaliste car très adaptée.
    De beaux progrès, quelques échecs de méthodologie mais toujours beaucoup de plaisir 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

vgo('process');