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Macron veut interdire l’Instruction en Famille !

Notre cher président a parlé !

Les messages et questions fusent sur ma messagerie…

J’ai mis longtemps à répondre, je voulais avoir plus d’éléments à vous transmettre et puis (surtout) éviter une réaction à chaud !!

Bon quand même, un peu de cette réaction subsiste :

Comment un président peut-il s’adresser à la population comme si tout était acté, comme si sa parole faisait loi ?

Comment un président peut-il faire de si graves amalgames entre IEF et radicalisme religieux ?

Pense-t-il que ses citoyens sont aussi stupides ? 

Et enfin (je me rends compte que je pourrais continuer longtemps !) : 

Croit-il que nous allons (encore) nous plier à une privation de nos droits ? 

Croit-il que nous allons nous faire enlever notre responsabilité de parents et laisser nos enfants exposés au bon vouloir de l’éducation nationale ?

Donc je rappelle que je parle de l’allocution du 2 octobre 2020 de Mr Macron. Car oui, il ne s’agit que d’une proposition de projet de loi sur les séparatismes qui sera présenté en conseil des ministres le 9 décembre 2020.

Si vous ne l’aviez pas vu, ce discours est dispo en intégralité via le facebook Elysée .

Je ne vais parler ici que de la partie sur l’IEF, encore que…

À la fin de cet article, vous trouverez des solutions pour agir efficacement et faire votre petit colibri 😉

Une dernière chose : je suis avec attention toutes les réflexions et avancées de LED’A (Les Enfants d’Abord), une association dont je fais partie. Beaucoup d’informations viennent de leur travail, échanges.

Il en arrive tous les jours, il ne s’agit donc là que d’un premier bilan.

Tout d’abord, voici ce que le président Macron a dit en ce qui concerne l’instruction en famille : 

L’IEF dans les propos de Macron

« L’instruction à l’école sera obligatoire pour tous dès 3 ans à partir de la rentrée 2021. »

« L’instruction à domicile sera strictement limitée, sauf pour des impératifs de santé. »

Soyons clairs, car les mots en politique ont leur importance.

Bon déjà, dans le premier point, on voit clairement que l’instruction sera obligatoire à l’école.  Souvent, ce point est caché au public. En effet, les mots sont tournés de telle façon que la plupart des personnes croient que l’école est obligatoire plutôt que l’instruction. Donc là, il lève un voile.

Ensuite, dans le 2e point, nous voyons que l’instruction en famille ne sera pas interdite ni supprimée mais strictement limitée.

Donc l’IEF sera soumise à conditions !

Ce qui nous amène à nous demander quelles seront ces conditions et surtout dans quel but fait-il une annonce aussi brutale ?

À quoi peut servir cette annonce ?

Vous l’aurez compris, le fait de faire peur avec cette annonce peut lui permettre de faire passer une mesure « moins pire », en tout cas, c’est souvent comme ça que nos libertés s’étiolent, petit à petit !

Le climat actuel dû au COVID, au port du masque et j’en passe, est particulièrement anxiogène et donc propice aux nouvelles lois restrictives

La politique de la peur, notre politique !

Pour ceux qui sont pour l’IEF, ou tout simplement pour le droit d’avoir le choix, le président essaie de leur faire peur en déclarant que ce droit leur sera refusé dès la rentrée 2021 !

Et pour ceux qui doutent de l’IEF ou qui sont totalement contre, il renforce leur argumentaire en faisant croire que c’est ici que se nourrissent et se réfugient les intégristes, les soient disant séparatistes !

(Petite parenthèse au sujet des séparatistes, je vous laisse lire cet article, que j’ai trouvé très intéressant : 

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Déprime, quand tu nous tiens !

Qui sont les vrais séparatistes ?

https://reporterre.net/Secessionistes-et-gros-pollueurs-les-riches-sont-les-separatistes-de-la-Republique )

Bref, une fois que tout le monde sera dans la peur, le gouvernement pourra proposer un compromis, du style :

Bon, d’accord (nous sommes bien bons), l’instruction en famille peut continuer, mais :

  • soumis à autorisation
  • avec l’obligation de suivre des cours numériques
  • Avec des contrôles encore accrus et l’obligation de suivre les programmes scolaires.

Nous avons bien conscience que la radicalisation est un prétexte. Depuis quand les terroristes ont-ils été instruits en famille ? 

Depuis quand le fait d’aller à l’école empêche-t-il l’embrigadement des enfants ?

Vous n’êtes pas dupes de cet horrible amalgame raciste entre les musulmans et le terrorisme ? et de cet autre amalgame entre IEF et attentats…

Il me semble que c’est à l’école que l’on apprend à se soumettre à l’autorité, à répondre aux ordres et à suivre un programme…

Là je vais un peu plus loin, mais je suis encore une petite joueuse par rapport à notre président !

Il veut faire rentrer tout le monde dans le même moule, reine plus ! 

Et puis encore cette même religion qui est stigmatisée…

Franchement, tout ça est bien honteux !

Voici un extrait d’une interview de Claudia Renaud, représentante de LED’A :

La Miviludes, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, “rend des rapports depuis des années. Elle n’a jamais établi le lien avec l’instruction en famille ».

Claudia Renaud ne “comprend pas” qu’on laisse entendre que “l’Éducation nationale n’avait pas de moyens de contrôler l’évolution de l’enfant, ce qu’il apprend, l’ouverture aux autres, les valeurs de la République”. Pour la représentante des Enfants d’abord, “c’est complètement faux”. Elle assure que les familles qui ont opté pour ce mode d’instruction “ont un contrôle chaque année de l’inspection (académique) et un contrôle tous les deux ans de la mairie” qui s’assure des “relations de l’enfant à l’ouverture aux autres”. Elle rappelle également que “l’évolution par rapport aux connaissances est également contrôlée ».

On veut le maintien de l’ief SANS RECUL DE NOS DROITS 

Comment réagir à cette allocution ? 

Tout d’abord, laissons nos peurs de côté, en tout cas, ne les laissons pas nous dicter nos décisions.

Et puis, je pense que c’est l’occasion de se réaffirmer.

Même ceux qui ne sont pas pour faire l’instruction à leurs enfants peuvent être pour la liberté individuelle, être pour avoir le choix du mode d’instruction de leurs enfants.

Nous devons réclamer le maintien de l’IEF sans recul de nos droits. 

Et même mieux que ça : nous devons réclamer un retour sur nos droits perdus !

  • maintien de l’IEF sans demande d’autorisation, c’est un droit et nous pouvons en user (ou pas)
  • Retour au seul socle commun des compétences comme possibilité de comparaison (stop aux comparaisons par rapport aux cycles)
  • L’ARS pour tous les enfants instruits, même en famille

Nous pouvons même aller plus loin et demander à ce que les contrôles ne soient plus effectués par l’inspecteur d’académie et que l’IEF ne dépende plus de l’éducation nationale, mais de jeunesse et sport, au même titre que la formation permanente.

Ce dernier point est défendu par le collectif « lumière sur l’IEF ».

Bien sûr, nous ne représentons que 0,4% des familles françaises. 

(vous trouverez ici les chiffres en rapport avec l’IEF)

Mais tout le monde est concerné par cette annonce, notre liberté est en jeu

Le choix n’est pas séparatisme, mais pluralisme.

N’oublions pas que si les écoles alternatives ferment et que l’IEF est interdit, il ne restera plus que l’école de la république et tout ce que cela implique !

Pourquoi est-ce que le nombre de familles en IEF augmente ?

Pour pouvoir radicaliser un maximum d’enfants ou parce que l’école de la république répond de moins en moins aux besoins de notre société ?

L’état devrait se remettre en question et travailler à ce dernier point !

L’instruction en famille sauve des “enfants détruits par l’école”

Chaque année, des enfants scolarisés souffrent de phobie scolaire ou de harcèlement. L’IEf est pour eux la seule option.

Pour d’autres, étiquetés d’enfants atypiques (troubles DYS, hauts potentiels, avec des troubles de l’attention, hyperactivité…), le choix de l’instruction en famille permet de respecter leur rythme, leur particularité. Ces enfants peuvent être détruits par le système « normal ».

Les enseignants ne peuvent pas faite face à ces différences. Ils doivent évoluer dans un cadre, en respectant des programmes, en évaluant,… et tout ça avec de moins en moins de budgets !

Les personnes qui ont aimé cet article ont aussi lu :  Comment je prépare notre contrôle pédagogique

Les parents font le choix de l’IEF pour des raisons personnelles. 

D’ailleurs, voici les nôtres.

Ce choix peut-être en rapport avec notamment une religion sans pour autant qu’ils soient radicaux !

Je tenais à partager avec vous l’interview de notre ancien ministre de l’éducation, Luc Ferry. Il trouve ce projet « d’une grande débilité ! ».

https://www.cnews.fr/emission/2020-10-07/linterview-de-luc-ferry-1005551

Bon OK, le reste du discours fait encore beaucoup d’amalgames entre les écoles hors contrat😱

Les textes en faveur de l’IEF 

Tout est discutable, il est vrai, mais certains textes peuvent venir en aide à la défense des choix d’instruction : 

 –  La Déclaration universelle des droits de l’homme, 1948, Article 26-3 :

   “Les parents ont par priorité le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants”

–  La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, 2002, Article 14-3 :

   « Le droit des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses,  philosophique et pédagogique, (est) respect(é) selon les lois nationales qui en régissent l’exercice. »

–  Le Protocole additionnel à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, 1952, article 2, protocole n°1 :

   « Nul ne peut se voir refuser le droit à l’instruction. L’État, dans l’exercice des fonctions qu’il assumera dans le domaine de l’éducation et  de l’enseignement, respectera le droit des parents d’assurer cette éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses  et philosophiques. »

–  L’Article L.131-2 du Code de l’Éducation :

   “L’instruction obligatoire peut être donnée soit dans les établissements ou écoles publics ou privés, soit dans les familles par les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix ».

Ce droit a toujours existé, il est formalisé en 1882 dans les lois de Jules Ferry établissant le principe du droit à l’instruction. 

Actions à faire :

Tout d’abord, adhérer aux associations et les soutenir. C’est elles qui permettront une action commune et efficace : 

  • contacter ses élus locaux, son député et son sénateur pour lui expliquer la réalité de l’instruction en famille. Demander de préférence un rendez-vous, car un courrier sera souvent lu rapidement puis mis de côté. Les délais de rendez-vous sont assez longs et laisseront le temps de bien préparer son argumentaire.
  • écrire au président de la République en son nom propre
  • relayer les infos, les publications officielles des assos (attention cependant à bien lire ce que vous relayez et à vérifier que ce qui y est écrit est véridique)
  • témoigner de ce qu’est “être en ief”, côté parents et côté enfants, côté société civile (asso, employeurs, collègue)
  • L’association UNIE avait proposé l’action “En IEF nos enfants vont bien”, afin de montrer la réalité de l’ief dans les familles .

pour plus de détails : http://association-unie.fr/index.php/nos-services/nos-activites/nos-actions/merci-nos-enfants-vont-bien/

  • Partage et diffusion de films et reportages sur la non-sco qui sont libres et en ligne, comme le reportage de Izia : “des voix hors école”, dispo sur Youtube, ne pas hésiter à le partager sur les réseaux.
  • Écrire au défenseur des droits : https://www.defenseurdesdroits.fr/

Pour trouver son député : 

http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/vos-deputes

Pour trouver son sénateur, liste par département : 

https://www.senat.fr/senateurs/sencir.html

Si vous souhaitez les lettres types pour envoyer aux sénateurs/ députés, ainsi que tous les documents de travail associés, vous pouvez y avoir accès en vous abonnant à LED’A.

Pétitions

Je voulais ne mettre le lien que vers une seule pétition : celle de l’assemblée.

Pourquoi ?

Pour éviter d’être divisés…

Les pétitions de l’assemblée sont les seules à avoir le mérite d’être examinées par les députés si elles atteignent les 100 000 signatures.

Les autres passent souvent inaperçues, même avec beaucoup plus de signatures (cf les lois de travail sous Hollande et la pétition de change.org avec 4 000 000 signatures).

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-58

Cependant, cette pétition a une faute d’orthographe dans le titre et une description, revendication plus que sommaire… À se demander comment ça se fait…

Par conséquent, les gens ne la signent pas, dommage.

Donc voici le lien vers une autre pétition, bien plus complète (elle a été faite par des associations très actives comme UNIE, LAIA…) et plus appréciée… en espérant qu’on en tiendra compte !

https://www.mesopinions.com/petition/enfants/maintien-droits-instruction-famille/107871

Je compte sur vous pour diffuser un maximum, en faisant bien attention, bien sûr, à ce que vous partagez !

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Un commentaire

  • Anwen

    Quelle lugubre époque !
    L’école que Macron destine à nos enfants n’est que l’aboutissement d’un processus de désinstruction commencé avec le « tournant de la rigueur », c’est-à-dire grosso-modo à partir de 1984.
    Prémices d’un monde « Orwellien », une sonnette d’alarme était tirée, dés cette époque, par Isabelle Stal (docteur en philosophie et professeur à l’IUFM de Nice) et Françoise Thom (historienne et soviétologue française, maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne), qui alertaient dans leur livre « L’école des barbares », les dérives du système scolaire « orchestrées » par les politiques.
    Extrait :
    « L’école a cessé de remplir sa fonction principale, qui est de structurer l’intelligence et l’expression des élèves. Elle est devenue paradoxalement un système de désinstruction. À l’école primaire on n’apprend plus à lire ni à écrire : les deux tiers des élèves ne le savent plus. Cela s’inscrit dans un relativisme généralisé des valeurs morales, des cultures, des religions et des manières de s’exprimer, aucune manière de vivre n’étant jugée supérieure à une autre. On a cassé tous les repères normatifs. On a supprimé l’histoire chronologique. Une démarche analogue a été effectuée pour saper l’enseignement de la langue et de la littérature. Globalement, on fait des élèves des barbares qui ne parlent et ne comprennent qu’un seul idiome, celui de la télévision. Une formation sacrifiée au nom d’un utilitarisme à courte vue qui empêche d’accéder aux idées générales. Il n’y a pas un élève sur cent qui soit capable de bâtir une phrase complexe. Une attitude qui va jusqu’à bannir toute discipline ; tout ce qui est contrainte est jugé comme un mal. L’exemple le plus illustre de cet état d’esprit est le ministre actuel, Jack Lang, le ministre du tag et du rap. C’est comme ça qu’on ramène les enfants à l’animalité. »
    Il semble impératif, aujourd’hui, pour le bien-être de nos enfants et du nôtre également, de ne plus écouter ni respecter une seule des règles imposées par ce gouvernement et ses lois tant qu’un autre régime, basé cette fois sur les « Lois de la Nature » ne le remplace.
    Rappelons en quelques mots, ce qu’on appelait, dans la jeunesse de l’humanité, l’École et l’Éducation.
    On s’est habitué à rapprocher le nom de Minerve de celui des Muses et du Mont Parnasse.
    Ceci a une cause lointaine qu’il faut expliquer.
    Parnasse se disait antérieurement Larnassas, mot qui signifie Ecole. Il dérive du verbe « laren » ou « leeren », enseigner en anglo-saxon. « Lar » signifie doctrine, et « Lareow », Maître ou interprète de la parole divine. Il existe dans la Belgique plusieurs endroits nommés Lærne, Leerne, Lerne ; c’était des lieux consacrés à l’instruction du peuple.
    « Les dieux Lares étaient, dans leur origine, des précepteurs du public. Diane était réputée Lare » (De Grave, La République des Champs Élysées).
    Il s’est donc formé, chez les Celtes, une catégorie de Maîtresses d’Ecole qui a porté différents noms. On les appelle souvent des Normes (d’où normale), et on nous représente trois Normes fondant un collège chez les Germains et les Scandinaves ; de là le mot Dryade (dry, trois). Mais le nom qui a surtout été conservé est Druidesse, féminin de Druide.
    D’où vient-il ?
    Fabre d’Olivet dit (Etat social de l’homme) : « Le mot Drud signifie l’enseignement radical, le principe de la science. Il vient du mot rad ou rud (mots qui ont fait irradier et radiation), qui veut dire une racine. De là le latin radix, l’anglais root, le gallois gredham, etc. »
    Chez les Irlandais, il est quelquefois question de Druidesses appelées « ban-drui », et plus souvent de « ban-filé », qui, comme les « filé », étaient à la fois devineresses et poétesses.
    Or ban signifie Mère. Ce mot « ban-drui » voudrait donc dire Mère-Enseignante.
    Dans la mythologie, on résumera cet enseignement en quelques mots, on dira que la parole des femmes éclairées était l’oracle des voyantes. On nous parle de l’enseignement des Prêtresses qui était oral, et on nous dira aussi que, si elles ont laissé des écrits, ils ont été détruits.
    Mais ce qui est certain, c’est qu’elles ont laissé une tradition qui s’est perpétuée de Mère en fille, et c’est cela qui est le fond même de l’éducation.
    Dans l’île de Trinacrie, qui serait l’Angleterre, les compagnes de Minerve sont appelées Etairoi. « Nom encore en usage en Flandre », dit de Grave.
    C’est de ce nom qu’on a fait hétaïre (prêtresse).
    A l’époque reculée où l’homme n’avait encore pour mœurs que ses instincts, on avait remarqué combien sa nature le portait à l’opposition, à la contradiction, à la domination.
    C’est pour enrayer ses mauvais instincts que les Mères instituèrent une discipline élémentaire (de « disciple », « discipulus », latin, de « discere », s’instruire) qui est toujours restée depuis dans la société, et qu’on désigne encore par les mots « éducation », « convenance », « savoir-vivre », « manières comme il faut ».
    C’est cette retenue des mauvais instincts qui fut d’abord la Religion. La connaissance que l’on avait des lois qui régissent la nature humaine avait fait comprendre que l’homme doit être discipliné, « apprivoisé », pourrait-on dire, afin de pouvoir vivre dans la société des femmes, des enfants et même des autres hommes.
    On institua donc une règle de vie commune, dont l’homme comprenait la nécessité, car il s’y soumettait volontairement. C’est dans cette vie calme et bien organisée qu’on élevait son esprit vers la pensée abstraite et qu’on lui donnait les moyens de vaincre les sens dont on sut bientôt que l’usage abusif mène à la folie.
    Dans cette société idéale, l’homme ne s’appartenait pas à lui-même, il était à la vie familiale qui devint la vie sociale, et c’est cela qu’on exprime par le mot « civilisé » (« civis », citoyen, à Rome, était l’homme affilié à la communauté).
    Toutes les communes, toutes les républiques furent primitivement des associations de vie et de travail, sous les auspices d’une Déesse nationale. Et ces républiques ont été puissantes tant qu’un même lien unissait les citoyens entre eux comme des frères, et les unissait avec la Déesse comme avec une Mère.
    La dissolution des Etats, c’est-à-dire le désordre, commença quand certains hommes, troublés par le mauvais esprit qui engendre l’orgueil, voulurent mettre leur personnalité au-dessus des autres, s’affranchir des lois établies et dominer les faibles. Cette révolte fut le commencement de l’erreur sociale, c’est-à-dire de l’injustice.
    L’éducation était encore donnée chez les Gaulois par les grandes prêtresses et prophétesses que les Romains trouvèrent dans la Gaule et dans la Germanie lorsqu’ils allèrent combattre les guerriers de Vercingétorix et d’Arminius.
    Dion parle de Gama, vierge voyante des Marcomans ; Strabon, des prophétesses chez les Cimbres ; il dit des Gauloises qu’elles sont « fécondes et bonnes éducatrices ».
    Ces premières institutrices n’enseignaient pas seulement l’astronomie, la physique et la biologie, elles avaient acquis la connaissance des propriétés des plantes et en avaient fait la base de l’art de guérir, premier mot des sciences médicales. Et c’est pour cela que Minerve est surnommée Bélisama, quelquefois aussi Hygie ou Hygiœa. Ceacht est la Déesse de la médecine chez les Irlandais. Telles sont les institutrices philanthropes qui ont été nommées « Helisiens », « Heilige » (médecin).
    Nous comprenons maintenant combien les femmes qui savaient tant de choses devaient avoir de prestige dans ce monde primitif.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/faitsettempsoublies.html

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