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La Ram, radio libre : parole donnée à Marion Billon sur le projet de loi visant à interdire l’instruction en famille

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Retranscription texte de l’interview

Bonjour et bienvenue dans parole donnée sur radio libre. À partir de la rentrée 2021 l’instruction à domicile pourrait devenir strictement limitée. C’est en tout cas ce que prévoit le projet de loi comportant les principes républicains porté par le gouvernement présenté par emmanuel macron le 2 octobre dernier et présenté en conseil des ministres le 9 décembre prochain. Il prévoit que l’instruction obligatoire sera donnée dans les établissements ou écoles publiques ou privées sauf pour des motifs très limités, suivant la situation de l’enfant ou à celle de sa famille. L’objectif affiché est de lutter contre le séparatisme islamistes et les établissements clandestins. Selon les dernières données datant de 2018-2019 trente six mille enfants sont instruits à domicile, soit 3 % des élèves français.

Aujourd’hui on écoute le témoignage de là haut alpine Marion Billon, autrice d’un blog sur le sujet de l’instruction en famille : Les Enfants Avenir. Elle nous raconte comment se déroule l’instruction à domicile pour ses deux enfants et quelle est sa réaction face à ce projet de loi.

Est-ce qu’on peut repartir du début et définir  ce que c’est que l’instruction en famille et quels sont les délimitations légales actuelles ? 

Marion Billon  

Alors, l’instruction en famille c’est juste le fait de choisir d’instruire ses enfants en famille, en tout cas de ne pas se servir du cadre scolaire et de ne pas attendre de cette institution. Après, ça revêt différentes formes. 

Dans les familles je pense qu’il ya autant de façons de faire que de famille pratiquant l’IEF.

Les profils des familles il y en a, pareille, de toutes sortes. 

Et en ce qui concerne les lois, pour l’instant, telles qu’elles sont actuellement, l’enfant est obligé de progresser de ses trois ans du coup maintenant à ses 16 ans, chaque année, pour atteindre à ses 16 ans l’ensemble des compétences du socle commun des compétences, justement ce qui est différent des programmes scolaires, c’est beaucoup plus light. 

Et ce qui a changé, là il ya eu la loi de l’école de la confiance qui est passé en début d’année et ça a apporté une modification : c’est que maintenant, lors du contrôle pédagogique, puisque toutes les familles en instruction en famille sont contrôlées une fois par an par l’inspecteur académique enfin l’inspecteur du secteur en tout cas, plus une fois tous les deux ans par la mairie, et avant il ne pouvait pas faire référence au niveau scolaire et il pouvait pas comparer avec les cycles, alors que maintenant il peut comparer avec les cycles (donc cycle1, cycle 2, cycle 3) pour les différentes compétences, mais c’est pas pour ça qu’on est obligé de les suivre. Lui peut s’y référer mais nous on n’est pas tenu de les suivre. voilà donc ça c’est assez ambigu,  mais voilà, pour l’instant c’est ça, en tout cas.

Ça, c’est le cadre actuel et puis on rappelle bien qu’à l’heure actuelle, l’instruction est obligatoire mais pas l’école. 

Marion Billon  

Exactement, exactement. et ça a été une chose qui a été dite lors de l’allocution de macron et dite clairement, et je pense que avant cette allocution, il y avait énormément de familles qui n’avaient pas compris que l’école n’était pas obligatoire et qui croyaient qu’elle était obligatoire. Et le fait qu’il le dise comme ça, de façon très ouverte, a mis les choses au clair, comme quoi c’était l’instruction est pas l’école qui était obligatoire et parce que même au point de vue des journalistes, on a souvent vu comme quoi le l’école était passée obligatoire à 3 ans au lieu de six alors que non, c’est l instruction. Enfin voilà il ya de temps en temps des amalgames qui sont faites dans ce sens là, donc effectivement c’est bien l’instruction qui est obligatoire. 

Pour prendre un exemple concret, votre cas à vous, pourquoi est ce que votre famille a choisi de pratiquer l’instruction en famille ?

Comment est-ce que ça s’est mis en place ? 

Marion Billon

Alors, comment est-ce que ça s’est mis en place ? Ça s’est mis en place directement. En fait, moi j’aurais voulu que cela se mettre en place avant que les enfants aillent à l’école, et mon ainé à 3 ans a voulu aller à l’école. Donc je l’ai laissé faire son expérience et et voilà et ça a été la seule année où il y a été, le matin et pas tout le temps, et ensuite on a tout de suite commencé l’instruction en famille. Et puis pour ma fille, elle n’a jamais été à l’école pour le coup. Et pourquoi est ce qu’on a on a choisi l’instruction en famille ? 

Parce que du coup l’école ne correspondait pas du tout à nos attentes, et c’est très important pour nous que les besoins physiologiques et chronobiologiques de nos enfants soient respectés. on essaye vraiment d’avoir des rapports horizontaux avec eux et on fait en sorte qu’il n’y ait pas d’ âgisme. Après je ne vous dis pas qu’on y arrive tous les jours, parce qu’on n’a pas été éduqué donc de cette façon là et que c’est un travail quotidien mais voilà. Et puis ça nous paraît, ça nous paraissait et ça nous paraît toujours un peu dénué de sens d’enfermer des enfants pour contre leur volonté pour que pour qu’ils deviennent libres… enfin voilà, donc il ya vraiment beaucoup beaucoup de choses mais je pense que respecter leur rythme et aussi bien leurs rythmes physiologiques chronobiologiques et leur rythme d’apprentissage et leur individualité, leur façon d’apprendre qui leur est propre, c’est vraiment ce qui nous motive le plus en fait, et puis aussi c’est vrai que notre vie, notre rythme, correspondent mieux en tout cas avec l’organisation de l’instruction en famille.

Justement, comment est-ce que ça se pratique au quotidien dans votre famille ? 

Marion Billon

Alors, comment ça se pratique au quotidien ? Il n’y a pas deux journées qui se ressemblent, quand on fait l’instruction en famille, en tout cas nous, dans notre famille. Le but n’est pas du tout de reproduire l’école mais à la maison et au contraire de profiter de toutes les opportunités qui nous sont offertes dans la vie, de toutes les rencontres concrètes, parce qu’on ne considère pas du tout que l’instruction en famille c’est c’est justement l’instruction juste en famille, c’est vraiment une ouverture sur le monde, et toutes les rencontres qu’on peut faire, toutes les personnes qu’on peut rencontrer qui ont des compétences différentes, qu’ont des savoirs différents, ça va interpeller les enfants. Les enfants sont vraiment avides d’apprendre de toutes choses. Ils baignent vraiment dans cette société, en tout cas dans la société qui est la leur, dans leur quartier, dans leur famille, … Je sais qu’ils sont très avides de poser des questions.

Et on va nous, en tant que parents accompagnants, essayer de les suivre, de les soutenir dans leurs projets, de leur apporter de l’eau à leur moulin, mais pas de  les influencer.

En tout cas nous,  notre position,  on ne va pas dire : “ben voilà là ça serait bien que tu te mettes aux apprentissages fondamentaux”, dans le terme apprentissages fondamentaux comme ceux prévus à l’école, mais plutôt “voilà, tu as envie d’explorer, ça donc on va te donner des outils pour ça, le moment tu en as marre, on passe à autre chose”. Voilà, on est vraiment là pour accompagner soutenir et pas pour influencer. En tout cas, c’est ce qu’on essaye de faire. Et pas que c’est facile tous les jours. Moi j’étais j’ai été professeur des écoles pendant dix ans, donc je suis bien issue de l’éducation nationale et j’ai un formatage, j’arrive pas facilement m’en défaire mais en tout cas c’est dans l’idée.

Donc si je comprends bien, ce qu’apporte l’instruction en famille par rapport à l’école, c’est une adaptation vraiment à chaque enfant, de l’autonomie, plus d’apprentissages, d’autonomie, ça stimule la curiosité, et c’est ça en gros, les principaux avantages ? 

Marion Billon

Oui, tout simplement le respect de l’individu en fait, quel qu’il soit.Ce n’est pas un modèle qui va coller à une majorité d’élèves mais c’est le modèle de chaque enfant qui est respecté, en fait, la façon d’ apprendre, le rythme de l’enfant donc voilà. Un enfant qui est dyslexique ou qui est avec des troubles de l’attention, des apprentissages, c’est vraiment une difficulté à l’école, et même un handicap, alors que quand on s’adapte à sa façon de faire… parce que la dyslexie c’est une façon de faire différente, une façon d’appréhender les choses différemment, en tout cas comme pour les troubles de l’attention, et bien comme par hasard le trouble disparaître puisque du coup la norme, enfin l’enfant ne doit pas se fier à la norme mais c’est tout qui s’adapte à sa façon d’apprendre. Donc voilà, un enfant qui serait en grande difficulté scolaire, lorsqu’il se retrouve instruit de la façon qui lui correspond, n’a plu ces difficultés. Par exemple, un enfant qui a des troubles de l’attention, c’est pour moi, enfin pour moi, après moult lectures, c’est du coup il a la capacité de se décentrer quand c’est quelque chose qui est trop difficile pour lui ou qui ne l’intéresse pas ou qui se sent agressé, ou dès qu’il y a un facteur extérieur qui ne lui correspond, pas il a la capacité de se décentrer. On a l’impression qu’il est là physiquement mais en fait, il n’est pas là, et du coup, s’il va lui même vers le sujet… si moi, je vois mon fils, qui est du coût soit disant, qui a des troubles de l’attention, a été diagnostiqué comme ça en tout cas, il est capable de rester concentré des jours ! C’est même pas une heure, où il est capable de rester à fond, pendant des jours sur un sujet ou sur quelque chose qu’il va découvrir. Il n’a pas de difficulté à se concentrer pour les choses qu’il a choisies et qui le passionnent, c’est facile. Ça déjà c’est un des premiers avantages par rapport à l’école, en tout cas de notre point de vue, et un des deuxièmes avantages c’est qu’à l’école,  les enfants sont quand même enfermés entre quatre murs ou dans la cour d’école, c’est quand même un endroit géographique très restreint et imposé. Alors qu’en instruction en famille, on n’a pas besoin d’apporter les compétences qu’on pourrait trouver tout autour de nous pour les faire rentrer dans quatre murs. Par exemple, quand on fait des problèmes de mathématiques, des changements de… comment dire… quand on multiplie pour une recette, ou qu’on calcule des contenances, ou des choses comme ça, on est obligé de l’abstraire pour le pour faire rentrer et travailler ces compétences là dans une classe. On est obligé de le rendre un peu plus abstrait, de faire passer par des feuilles ou de la manipulation éventuellement, mais ça reste quelque chose dénué de sens, ça n’a pas de sens de le faire là dans une classe mais pour apprendre la compétence, on va se mettre comme si on faisait ça, et du coup on va la compétence. Alors que dans la famille on va profiter du moment où on va faire  des transvasements, où on va aller prier nos jus de poires, savoir tant de kilos de poires, ça va faire tant de jus, il faut qu’on prépare tant de bouteilles… trois là quand on va faire le pain, alors prévoir que le pain va lever, et de calculer la température du four… vous voyez, tout a du sens en fait. Et on se sert de toutes les choses qu’on vit au quotidien pour pouvoir profiter de ces choses là, pour apprendre des choses, et ça je pense que c’est un avantage pour moi. En tant que maîtresse mais je m’arrachais les cheveux de la tête pour donner du sens aux apprentissages alors que là tout devient plus évident quoi. 

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Emmanuel Macron a annoncé il y a quelques semaines qu’il souhaitait que l’instruction devienne obligatoire à l’école dès trois ans et que l’instruction à domicile soit strictement limitée sauf pour des impératifs de santé, et ce à partir de la rentrée prochaine, comment est ce que vous avez réagi quand vous avez pris connaissance de ce discours ? 

Marion Billon

Du coup j’ ai entendu ce discours, et déjà il n’a pas dit qu’il souhaitait, il a dit que ça serait comme ça en fait, je vous avoue que la première fois où je l’ai écouté, j’ai rigolé, et  je me suis dit : il croit qu’il a tous les pouvoirs qui peut décider comme ça du jour au lendemain tout seul une loi, et que ce se sera comme ça la rentrée, qu’on n’aurait pas le choix ? Et puis après, ou fur et à mesure c’est vrai que j’ai arrêté de rigoler parce que j’ai vu toutes ces associations, dont LED’A, LAYA, UNIE, qui sont des associations qui soutiennent un l’instruction en famille, qui mettaient vraiment les bouchées doubles pour faire entendre leur voix, qu’ils se mettaient aussi à mettre beaucoup de moyens, à payer des avocats,… et du coup je me suis dit effectivement, ce qu’il a annoncé là, doit avoir du poids quand même, pour que des si grosses associations remuent ciel et terre pour faire respecter nos droits de parents, et puis quand même, on touche à quelque chose parce qu’en fait, il l’a dit dans son discours également, qu’ils remettaient… enfin c’était peut-être la chose la plus importante qu’il allait faire depuis l’annnonce de Ferry depuis la loi de Jules Ferry, qui disais que l’instruction serait obligatoire de 6 ans à 16 ans. Mais en fait, c’est pas ça qu’il remet en cause, ça ne date pas juste de 100 et quelques années, c’est le principe de base, que le parent s’occupe de son enfant, c’est quelque chose qui est, c’est quelque chose qui existe depuis la nuit des temps, depuis que l’homme est homme et  tous les mammifères s’occupent de leur progéniture en fait, donc c’est ça qu’il remet en cause. On n’aurait plus le choix de vouloir s’occuper de nos enfants et même pour l’instruction, et ça, je trouve… et surtout qu’il a fait des amalgames honteux pour justifier ça, raciste et honteux, et du coup, je trouve que c’est super grave en fait, c’est pas juste remettre en question la loi de Jules Ferry, c’est à voir au delà de ça, c’est la condition de l’homme, c’est la liberté de chacun… bientôt, ça c’est Thierry Pardo qui disait ça, bientôt on va avoir un diplôme de parents, si on veut être parent il va falloir qu’on passe un diplôme, sinon n’aura pas le droit. Voilà, je trouve que ça outre passe beaucoup de choses. Pour justifier cette décision, il invoque le problème de radicalisation extrémiste etc… qu’est ce que vous pensez de cet argument,  d’écoles qui serait parallèles à l’école républicaine, dans lesquels des enfants qui seraient inscrits comme IEF, qui y seraient radicalisés, qu’est ce que vous pensez de cet argument ? Je pense que c’est juste un prétexte en fait. Déjà, nous les familles qui pratiquons l’instruction famille, on est les seules familles qui sommes contrôlées dans notre famille, là où on vit, la façon dont on vit est  contrôlée. Toutes les familles qui sont à l’école, une fois qu’ils font chez eux, ils sont chez eux… On est contrôlé une fois par an et voilà. Une famille qui met ses enfants à l’école et qui aurait envie de radicaliser ses enfants, ça ne les empêche pas de le faire le week-end et les jours fériés et le soir… Je pense pas que c’est le fait de faire l’instruction à domicile qui change quoi que ce soit au fait de vouloir radicaliser ses enfants, et en plus après ça, cet argument a été entendu plein de fois, mais il est vrai qu’ il ya eu quelques terroristes, tous ceux qui ont commis des actes terroristes, étaient issus de l’école et n’étaient pas issus de l’instruction en famille, donc ça ça n’a pas de sens en fait. Et les écoles clandestines, c’est pareil. Ils peuvent accueillir les enfants sur des temps hors scolaire et en fait ils n’ont pas besoin d’interdire l’instruction famille pour pouvoir déceler ces écoles et les fermer et donc, ce n’est qu’un prétexte, en fait. C’est complètement faux de dire que ça, n’a pas de sens de dire que on va empêcher la radicalisation  en interdisant l’instruction famille. Là du coup c’est un avis personnel, mais si on allait voir par contre comment se faisait la radicalisation par exemple dans les prisons, je dire s’il ya quelque chose à remettre en cause, ça serait plus les prisons où la haine est  cultivée, … Nous, parents, lorsqu’on décide de faire l’instruction famille, il faut savoir que on remet toute notre vie aussi en cause, on s’organise pour pouvoir être disponibles pour nos enfants, on le fait par amour et pas par haine envers l’institution… enfin voilà on fait par amour, on fait comme un don de soi, on donne le bien qu’on a le plus précieux, c’est notre temps, et on ne fait pas en réaction à …on le fait pour nos enfants et pour leur bien-être et parce qu’on y croit, on ne le fait pas pour ou contre l’école. Voilà, pour moi ça n’a aucun sens. 

Si c’est un prétexte donc comme vous le pensez, vous avez une idée, une explication de la vraie raison, une vraie motivation qui pousserait à cette décision ?

Marion Billon

Honnêtement, honnêtement, honnêtement non. J’ai pas envie d’aller dans les suppositions dans… parce que du coup j’en tirerais quelque chose d’aussi négatif qui me parle pas en fait, pour moi ça dépasse mon entendement et j’accepte que ça dépasse mon entendement. Pour l’instant, au jour d’aujourd’hui, on a le droit de faire l’instruction en famille, on a le droit d’être en unschooling, de respecter la liberté de nos enfants et j’ai envie de le faire là, aujourd’hui, demain, voilà, dans le moment présent quoi… et c’est vrai que si je me mets à imaginer mais pourquoi ils font ça, enfin voilà, ça c’est quelque chose et j’apporterai plus de malheur en moi, et je pense que ça changera rien, que ça… vraiment de profiter de ces moments-là, d’accompagner les gens parce qu’il y en a de plus en plus, depuis qu’il a fait l’annonce, c’est un truc de fou, il ya de plus en plus de gens qui, pourquoi, ça c’est pareil je n’en sais rien, il ya peut-être aussi l’histoire du port du masque obligatoire, mais pas que, et du coup voilà, d’accompagner ces parents  pour connaître cette joie là ! Et plus on sera de familles à y croire, et même ceux qui ont envie de mettre leurs enfants à l’école peuvent avoir envie que les libertés de chacun soit respectées, et défendre cette cause là aussi, donc il y en a de plus en plus à avoir envie, à y croire, à le vivre au quotidien, je pense que c’est là la plus belle façon de faire, en tout cas, moi c’est celle qui me correspond. 

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Au delà du maintien du droit de l’instruction famille est ce que vous avez d’autres demandes pour, dans ce cadre là, pour améliorer,  s’il ya des choses que vous aimeriez qui progressent au niveau de l’instruction en famille ? 

Marion Billon

Ah, oui c’est sûr !

Parce que du coup, depuis quelques années, les libertés sont tronquées les unes après les autres, on est de plus en plus restreint, on est plus en plus contrôlés, on voit dans d’autres pays du coup ce n’est pas du tout le même cas. Effectivement, qu’on récupère, qu’on reprenne possession de notre vie et qu on ait le droit de faire ça en fait, tout simplement. Et que les libertés, et oui ça serait si j’avais une baguette magique, moi si j’avais une baguette magique, j’aimerais que, non pas qu’il n’y ait plus de contrôles parce que après tout pourquoi pas, ça peut être quelque chose de positif, de constructif, un bel échange et puis une façon aussi vérifier que les enfants soient entre de bonnes mains, vu que c’est qu’il semblait dire, voilà je ne doute pas que, peut-être, ça arrive, parfois, mais du coup que le contrôle puisse se faire par d’autres, pas avec l’institution qui ne nous correspond pas, en fait. Parce qu’il ya quand même énormément de cas de contrôles pédagogiques qui, non pas qu’ils ne se passent pas bien, parce qu’à l’issue de ce contrôle, il ya quand même une autorisation pour continuer l’instruction en famille, mais par contre nos droits ne sont pas du tout respectés, où les enfants sont testés, en faisant des exercices écrits alors que on a fait une lettre, et là je vous parle du coup de mon cas, on a fait des lettres chaque année pour expliquer que nous sommes en unschooling, qu’on aimerait qu’ils privilégient un échange avec les sujets qui le passionnent, qu’il soit pas tester en fonction de son niveau scolaire, et ça c’est pas respecté, alors que c’est vraiment un droit que nous avons et c’est une obligation de respecter nos choix pédagogiques et dans la plupart des cas ce n’est pas le cas, en fait. Alors je ne dis pas que que c’est fait avec malveillance ou que c’est leur faute, j’ai conscience qu’ils n’ont pas forcément le le temps, enfin je parle des inspecteurs, ils sont vraiment débordés déjà dans leur travail, mais voilà si j’avais un souhait, ce serait celui là, que ce soit des gens qui soient vraiment au courant des lois de l’instruction en famille, qui soient ok pour les respecter et qui viennent inspecter, contrôler, dans un souci d’échange, de construction et de voilà, tout simplement en fait, en respectant nos droits et nos choix. 

Vous mentionnez tout à l’heure des associations nationales qui donc qui réagissent pour maintenir une instruction en famille, que les actions sont en cours. Est ce qu’il ya des pétitions, je sais pas,  des choses qu’on peut  rejoindre pour vous aider si des auditeurs veulent s’engager dans ce thème là ? 

Marion Billon

Oui énormément de choses sont en court, beaucoup depuis cette annonce là. La première chose c’était d’écrire aux sénateurs et aux députés, et de les envoyer en disant que cette loi vous indigne, après peu importe, chaque famille qui est, la façon dont on pratique l’instruction à notre domicile en famille en tout cas… il ya aussi les associations font des communiqués de presse assez régulièrement, il y a une famille qui va commencer à faire une marche de  le puy-en-velay jusque paris avec son enfant , voilà et du coup les familles qui le souhaitent sont également conviées de leur domicile à Paris en respectant bien sûr les les conditions liées au COVID en tout cas, …  énormément de choses, ils font aussi, il a un flash mob. C’est une petite chanson où chaque famille fait chez lui, film son enfant, voilà, pareil, pour la défense de l’instruction en famille… Il ya plein de choses qui sont mises en place. Et du coup, là comme ça de tête, je les ai pas forcément toutes mais toutes les semaines je relaie les informations, une fois par semaine sur mon blog et un article, extrait, avec tous les liens … alors il ya les lettres à envoyer aux sénateurs et aux députés avec les modèles types et puis il y a toutes les actions qui sont en cours chaque semaine. Donc du coup, vous pouvez aller sur le blog et vous verrez tout dans le détail, chaque semaine. 

Est-ce que vous avez eu des retours des parlementaires  hauts alpins à ce sujet ?

Marion Billon

Alors ça c’est pareil, c’est tout répertorié sur le site de LED’A, ils ont créé… chaque famille qui a eu un RDV, il ya certaines femmes y compris les rendez-vous en visio plusieurs familles… enfin voilà et du coup chaque famille a mis un petit compte rendu de ce qui s’est passé, est en tout cas au niveau haut alpins, déjà ça a mis très très longtemps je crois à ce que les rendez-vous… simplement ça fait un moment que j’étais plus dans les hautes alpes, donc je suis juste de loin, mais je crois qu’ils ont mis très longtemps, ça a commencé il n’y a pas si longtemps la les rendez vous, quelques semaines pour obtenir leur rendez-vous et voilà… et du coup même pour les autres départements il ya vraiment tous les comptes rendus qui sont disponibles sur le site de LED’A, en tous cas les enfants d’abord, et je pense pour les autres aussi, après je vous dis LED’A  c’est parce que je fais partie des membres de cette association et du coup j’ai accès à leurs données. 

Donc l’association les enfants d’abord et votre blog Les Enfants Avenir.

Voilà, que d’enfants !

Merci beaucoup pour tout ces éléments, est ce que vous voyez autre chose à rajouter? 

Marion Billon

Non, j’ai envie, si j’ai quand même envie de rajouter que les parents qui se poseraient des questions sur l’instruction qui auraient envie de tenter et peut-être que ces événements actuels leur font un peu peur et peut-être ils pourraient se dire qu’il faut, qu’il est préférable d’attendre de voir ce qui se passe, c’est l’heure et au contraire allez-y vue que là c’est possible, vous pouvez le faire, l’expérience elle est là, elle est devant vous, vous pouvez tenter, et ça sera toujours ça de prit, peu importe ce qui passe après. Donc voilà, c’est juste ça, j’aurais envie de dire, enfin le vivre c’est chouette ! 

Merci beaucoup Marion Billon pour tous ces éléments ! et pour terminer, parole donnée aux principaux intéressés  : les enfants. Marion Billon a recueilli l’avis de ses deux enfants Tilouann et Loon. 

L’interview des enfants

Marion Billon

Les enfants, vous venez d’écouter  ce qu’a dit notre président monsieur Macron, donc l’allocution de début octobre. Qu’est ce que ça te fait Tilouann ? 

Tilouann 

Moi je trouve ça bien d’aller pas à l’école parce que tu peux faire qu’est ce que tu veux. Quand tu vas à l’école, tu peux rien faire de la journée, tu travailles tout le temps et t’as aucune liberté. 

Marion Billon

Et qu’est ce que ça te fait d’entendre que l’instruction en famille donc l’école à la maison, sera interdite à partir de septembre 2021 ?

Tilouann

Moi je trouve ça pas cool parce que je trouve que j’aime pas l’école, ya trop du bruit, ça me stress…

Marion Billon

OK, et comment tu le vivrais d’être obligé d’y retourner ? 

Tilouann

J’aimerais vraiment pas.

Marion Billon

OK, et qu’est ce qui se passe dans l’instruction en famille ? parce que du coup, là, on voit qu’il ya plein de gens qui comprennent pas forcément ce qui se passe en instruction en famille, est ce que tu peux leur dire comment ça se passe ?

Tilouann

Moi je trouve ça cool, tu peux faire qu’est ce que tu veux, après tu fais de la lecture, de l’écriture, tu apprends à écrire en attaché et tout, t’apprends plein de trucs et aussi en même temps tu peux apprendre à travailler, à plonger, à faire tout ce que tu veux. Par exemple, j’ai appris à nager tout seul. 

Marion Billon

Et toi, Loon,qu’est ce que tu as appris cette semaine, tu veux nous dire ? ça te fait un peu peur de parler dans le micro ? tu veux pas parler dans le micro ? Alors Tilouann, est-ce que tu veux bien dire ce que ta soeur a appris cette semaine ? 

Tilouann 

Elle a appris à faire du vélo toute seule, à pédaler, à freiner, et même enlever la main du guidon ! 

Marion Billon

waouh  !

Est-ce que tu voulais dire quelque chose ?

Loon

Merci, au revoir ! Je vous aime de tout vot’ coeur !

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