mettre de la bienveillance dans sa vie, qu'est-ce que c'est
émotions

Quelle définition pour la bienveillance ?

Depuis que j’ai des enfants, « bienveillance » est un mot que j’entends souvent. C’est un peu déroutant d’ailleurs. Comme si ce mot était rattaché à l’enfance. Ou est-ce qu’il est devenu à la mode ?

Ou peut-être que c’est moi qui n’y portais pas attention avant.

Je pense effectivement que bienveillance et instruction en famille doivent aller de pair. Comment vouloir une vie sans école pour nos enfants sans être bienveillant ? Après tout, nous voulons le bien pour eux.

Notre devoir (quel gros mot, n’est-ce pas ?), en temps que parents, est non pas d’être parfaits, mais d’être capable de se remettre en question pour ne pas faire porter à nos enfants toutes nos blessures d’enfance. C’est être capable de vouloir un maximum de bienveillance dans notre famille. Et quelque part, d’autant plus si nous avons fait le choix de l’instruction en famille. En effet, nous passons beaucoup de temps (pour ne pas dire tout notre temps) avec nos enfants. Autant que ce soit agréable pour tout le monde.

Bref, OK, tout ça, je pense que nous sommes tous d’accord ! Mais au fait, que met-on, exactement, derrière le mot « bienveillance »? Autrement dit, quelle est la définition de la bienveillance ? Est-ce si facile d’être bienveillant ? 

Je vous propose, dans un premier temps, d’écrire sur un morceau de papier, la définition que vous avez de « bienveillance ». Je vais essayer de réunir un maximum d’informations dans cet article et si vous le voulez bien, vous vous reposerez la même question : « quelle est la définition de bienveillance » à la fin de votre lecture. Est-ce que cela va correspondre ?

Pour commencer, la définition de bienveillance

Voici la définition trouvée dans Wikipédia :

« La bienveillance est la disposition affective d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui. Le terme est calqué sur le latin benevolens qui par la suite, a donné le doublet lexical bénévolence. ».

Ici, on entrevoit la bienveillance comme un choix. Ce que j’aime bien, c’est que cette définition parle de disposition affective. Pour pouvoir être bienveillant, il faut se sentir bien, avoir son réservoir affectif plein. Finalement, la bienveillance commence envers soi-même.

Ensuite, la notion de volonté apparaît : c’est un acte conscient. Nous sommes bienveillants, si nous choisissons de l’être. On se rend disponible afin d’apporter quelque chose de positif à l’autre.

Ou encore la définition de Linternaute :

« Capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui, d’une manière désintéressée et compréhensive. »

Là, le terme bienveillant semble être une aptitude, une compétence. Du coup, c’est quelque chose qui peut s’apprendre et se développer. C’est le fait d’être à l’écoute d’autrui, avec empathie, avec le seul souhait qu’il aille mieux. 

Réussir à écouter l’autre sans jugement ni interprétation, sans voix off, en essayant de comprendre réellement ce qu’il ressent, se mettre à sa place. En quelque sorte c’est savoir s’oublier le moment de l’échange. L’attention portée à autrui, la compréhension, va apporter un soutien pour cette personne. 

Une dernière définition, pour la route, celle de La Langue Française

« Disposition généreuse à l’égard de l’humanité. »

Elle est belle cette phrase, grande. Elle fait un peu peur, quand même. La bienveillance est ici comme un don de soi, un acte généreux. Le terme « disposition » amène quand même un peu de légèreté avec cette notion de choix. Cette définition apporte l’idée que lorsque nous sommes dans la bienveillance, ce n’est pas seulement envers une personne. C’est comme un état général

Pour résumer, voici les mots clés qui ressortent pour la définition de bienveillance :

  • Disponibilité et présence
  • Attention
  • Écoute
  • Empathie
  • Compréhension
  • Soutien
  • Ouverture au monde

La bienveillance en pratique

“Ce qui nous surprend le plus chez un homme, c’est de le découvrir bienveillant.”

Louis Dumur

Être bienveillant envers soi

la bienveillance envers soi

Si nous reprenons la définition de Wikipédia, pour être bienveillant envers autrui, il semble nécessaire de se sentir bien et donc d’être bienveillant d’abord envers soi. J’avoue que ce n’est pas toujours facile. Avoir un réservoir affectif plein, OK, mais quand ce n’est pas le cas, comment faire ?

Parfois, je me sens vide, fatiguée de faire attention à être bien ! Ça paraît un peu ridicule à dire comme ça, mais c’est vrai que c’est épuisant de se demander « pourquoi ça ne va pas ? » Et de ne pas trouver de réponse. Ça ne vous arrive jamais ? Et en général, c’est vrai que c’est à ce moment-là que je perds patience, que toute bienveillance s’évapore de mon comportement.

Donc, comment faire pour garder son réservoir affectif plein ? Alors là, c’est propre à chacun. L’important, c’est de faire des choses avant qu’il soit vide, sinon c’est trop tard. Personnellement, j’aime méditer, marcher rapidement 20 minutes, échanger avec mon compagnon, partager une activité avec les enfants… Je vous en parle un peu plus dans l’article  3 astuces pour gérer ses émotions.

En fait, l’important c’est de s’écouter, de lâcher-prise avec le « il faut » ou « je n’ai pas le choix » ou encore « je me suis engagée ». Wahou, tout un programme ! En fait, c’est assez simple à mettre en place. Si par exemple, vous avez rendez-vous avec un ami, mais qu’aujourd’hui vous préfèreriez rester au chaud, le mieux est de dire la vérité (à soi et à son ami) et de s’écouter. Quand j’arrive à faire ça, je suis fière de moi et reconnaissante envers moi-même. J’ai été bienveillante envers moi et ça contribue à remplir mon réservoir. En fait, c’est ça : ça me fait un bien fou de dire les choses justes, d’arriver à écouter ce que je ressens.

La bienveillance envers soi :

  • savoir s’écouter attentivement, sans jugement, écouter son corps et son esprit. 
  • Reconnaître, accepter ce qu’on ressent, le formuler et le respecter. Pour ceci, rien de mieux que de s’arrêter un instant, faire le vide, respirer et de prendre le temps de regarder à l’intérieur.
  • Se donner le temps de faire ce qu’on aime.
  • Connaître ses forces, les écrire et se les dire chaque jour. Pourquoi ne pas ajouter un petit « je t’aime » à la fin ?

Être bienveillant envers les autres

Une fois le pas de la bienveillance envers soi enclenché, le reste vient naturellement. 

la bienveillance envers les autres, l'écoute, la disponibilité

Lorsque j’ai choisi d’aller voir un ami ou de sortir, je l’ai fait en conscience, c’est OK pour moi. Il m’est alors plus facile d’être présente à l’autre et de l’écouter. 

Lors de l’échange, si une petite voix intérieure apparaît style « il est toujours en train de se plaindre », je constate alors que je suis en train d’interpréter, de juger. Je me pose alors la question « qu’est-ce qu’il ressent en disant ça ? Quelle émotion intervient chez lui pour qu’il se sente aussi mal ?». Et là, ma vision change, je suis dans la compréhension et dans l’acceptation.  Je suis dans la possibilité de lui apporter mon soutien, rien qu’en lui disant que je le comprends.

Il m’arrive bien sûr de sortir par obligation alors que je n’en avais pas envie. Si par malheur, je croise quelqu’un et que cette personne commence à me parler de choses importantes, il m’arrive de réussir à dire un truc comme :

« Aujourd’hui, je me sens vraiment triste et je n’arrive pas à être disponible pour autre chose. J’aimerais qu’on en reparle à un autre moment. Est-ce que je peux te rappeler ? »

Bon, OK, ça dépend de qui j’ai en face. Il y a des personnes avec qui je me sens en confiance et il est plus facile de s’exprimer avec honnêteté. Et avec les autres, je fais « semblant ». 

Une fois, j’ai croisé une dame qui hurlait sur son enfant, car il ne voulait pas se laisser attacher dans la voiture. Ma première réaction aurait été de prendre la défense de l’enfant. Et puis, j’ai essayé de me mettre à la place de la maman. Elle devait être à bout, elle venait de faire les courses avec ses trois enfants. Je me suis alors approchée, je lui ai dit que je comprenais, que ça avait l’air vraiment dur pour elle, que ce n’est pas facile de faire les courses avec ses enfants. Elle s’est mise à pleurer. Je lui ai proposé de l’aider. Elle a accepté et m’a remercié de ne pas la juger. 

J’aurais pris la défense de l’enfant, elle se serait senti vraiment mal et se serrait mise sur la défensive. Je l’aurais surement traitée de cinglée et ça aurait été horrible pour tout le monde (et oui, après, je ne suis pas très diplomate quand je me sens agressée). Comme quoi, la bienveillance est parfois une aide précieuse dans les relations.

Être bienveillant avec ses enfants

la bienveillance avec ses enfants, être zen

Pas facile de s’écouter !

Il est vrai qu’en instruction en famille, nous n’avons pas trop le choix. Même si parfois nous aurions besoin d’un moment pour nous, ce n’est pas toujours possible.

C’est là qu’il faut veiller à bien entretenir son réservoir. Il vaut mieux prévenir que guérir ! Dès que l’occasion se présente, faites quelque chose qui vous fasse plaisir, prenez de l’avance quand vous le pouvez. 

Quand j’ai vraiment besoin de souffler, là, tout de suite, maintenant, j’ai quelques cartouches :

  • Je demande à mon grand d’aller me chercher du bois. Je sais qu’il en a au moins pour 15 minutes, car il va trouver un truc à faire en route. Et souvent, la petite soeur suit.
  • Je leur mets une histoire audio dans la chambre.
  • Je leur fais couler un bain.
  • Et l’arme ultime, si vraiment ça ne va pas : le dessin animé !

Une fois toutes ces précautions prises, il est plus facile d’être dans la bienveillance avec ses enfants. C’est important de se demander ce qu’ils ressentent plutôt que de juger leurs actions, ça peut aider à être créatif et dénouer une situation.

Accepter d’être imparfait pour plus de bienveillance

Prenons un exemple : mon fils passe à côté de sa soeur et sans raison apparentes, lui donne un coup de pied (ça sent le vécu :)) là, deux choix s’offrent à moi :

  • Soit je lui dis que ce n’est pas un comportement acceptable et qu’on ne tape pas 
  • Soit j’essaie de me mettre à sa place. Le matin j’ai joué avec sa soeur et pas avec lui et lorsqu’il m’a demandé si je pouvais l’habiller, je lui ai répondu que je faisais autre chose et qu’il était capable de le faire tout seul. Il a dû se sentir moins aimé. Du coup, je me rapproche de lui et je lui dis « je m’excuse, je n’ai pas été attentive au fait que tu voulais que je m’occupe de toi. Tu as dû te sentir moins important. Tu veux un câlin ? »

Et à votre avis, quel choix je prends ? Et bien tout dépend de ma disposition. Parfois je suis capable de voir ce qui ne va pas et d’être dans la bienveillance et parfois je n’en suis pas capable et je prends le choix 1.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Je vous rappelle le premier point pour être bienveillant : d’abord l’être avec soi-même. Du coup, lorsque je ne peux pas être dans la bienveillance avec mes enfants, je le reconnais, je l’accepte, je ne me juge pas. À un autre moment, ça sera possible pour moi. Je souhaite que ça le soit de plus en plus souvent. 

C’est un cercle vertueux : je prends soin de moi, je peux prendre soin des autres, ça me fait du bien, ça me rend fière, mon réservoir affectif se remplit, je suis disposée à être bienveillante… Et les autres deviennent bienveillants envers moi également, car ils se seront sentis écoutés, compris…

C’est à vous

Alors, cette définition du départ ? A-t-elle évoluée dans votre représentation ? Que vous inspire la bienveillance ?

la sagesse, la bienveillance du moine bouddhiste


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