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Vivre en yourte avec des enfants

« Vivre un jour en yourte avec tes enfants, peut-être que tu en rêves ? Que tu as déjà séjourné dans ce type d’habitat pour des vacances originales ou directement en Mongolie, leur lieu d’origine ? Ou que tu connais déjà parce que tu as des amis qui en ont une ? »


Pour cet article, je laisse la parole à Bastienne Nagy, qui est auteure du blog Parents Enfants Connectés. C’est un chouette partage d’expérience qui fait vraiment sens pour moi aujourd’hui.


J’ai vécu 3 ans en yourte au sein d’un collectif d’habitats, et mon premier enfant y est né. J’ai voulu écrire cet article pour donner du grain à moudre à l’imaginaire collectif autour de cet habitat qui attire de plus en plus de monde en France et ailleurs.

Cette expérience de vie m’a montré que j’étais capable de m’adapter à une vie sobre et simple, mais que je souhaitais quand même plus de confort !

Contact rapproché avec la nature

Si tu es du style « sauvage » à préférer vivre dans les bois et dormir à la belle étoile, une expérience en yourte me paraît bien moins exceptionnelle que l’histoire de Geoffroy Delorme qui a vécu 7 ans dans la forêt avec les chevreuils. Il a d’ailleurs écrit un livre à ce sujet.

Mais si tu n’es pas en recherche d’aventure extrême, alors, la yourte est le moyen parfait pour vivre plus au contact de la nature.

En effet, c’est une sorte de grande tente ! Donc nous vivons avec les éléments bien plus que dans une maison classique.

En cas de grand vent, la toile et la structure bougent. C’est bien d’être présent pour s’assurer que le sky dôme (ou la toile) sur le toonoo (= structure en bois au niveau du toit qui tient les perches) ne s’envole pas comme un freesbee (c’est déjà arrivé à d’autres !).

Lorsque la pluie est fine, c’est un doux clapotis qui berce les soirées d’automne ou de printemps. Quand il pleut fort, on ne s’entend plus parler.

Le matin, on entend les petits oiseaux, le soir les grillons et autres bestioles qui s’approchent de notre habitat.

Même si tu as la possibilité de mettre des stores et des rideaux, tes yeux vivent au rythme de la lumière du jour.

Enfin, la variation de température entre l’hiver et l’été est énorme même si certains isolants permettent de réduire légèrement cette différence.

Et dans le courant de la nuit en hiver, la température peut chuter de 15 degrés lorsque le poêle s’arrête de crépiter.

Entretien de la yourte

Concernant l’entretien et le soin à prodiguer à une yourte, ce ne sont pas les mêmes que pourune maison, bien qu’il faille dans les 2 cas vérifier les infiltrations d’eau et de rongeurs 😉

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Mais maison ou yourte, il faut y être !

À propos de rat, nous avons reçu ce cher visiteur à l’hiver, bien qu’il n’avait pas été invité. Mon compagnon l’avait senti une fois passer sur son visage pendant la nuit. Ceci a été une source de stress vu que notre bébé avait à peine 3 mois, et même si nous dormions en cododo, je craignais que le rat ne lui monte dessus ou pire. Nous avons réussi à colmater les passages mais le rat ne fut trouvé qu’un an et demi plus tard, au démontage de la yourte, séché dans la toile…

Enfin, je conseillerais d’investir dans une toile de bonne qualité pour qu’elle dure le plus longtemps possible.

Aménagement intérieur

Une pièce pour une famille, sacré changement ! Bien qu’il existe des tailles de yourtes variables avec un diamètre d’une échelle de 5 à 8 mètres, il va falloir penser à aménager un espace unique rond pour y faire entrer des objets souvent angulaires.

Le collectif dans lequel je vivais comptait pas moins de 6 yourtes, donc observer les aménagements des uns et des autres était source d’inspiration.

La question se pose de quels éléments te sont indispensables à l’intérieur, et ceux que tu pourras mettre à l’extérieur.

Lorsque j’étais enceinte et que j’allais aux toilettes 2 ou 3 fois dans la nuit, aller dehors n’était pas envisageable pour moi. Mais fabriquer des toilettes sèches qui ne laissent passer ni les mouches ni les odeurs est indispensable ! Nous avions une salle de bain dans les bâtiments en commun donc nous n’en avions pas besoin dans la yourte. Sauf qu’au bout d’un moment, cet espace de soin privatif me manquait. 

Mode de vie minimaliste

Qui dit petit espace dit se désencombrer du superflu : donner, vendre, jeter…et ne garder que l’essentiel. Un bon exercice non ?

Cela implique également de repenser l’utilisation d’objets jusque là anodins mais qui consomment beaucoup quand on regarde la variable « électricité » et qui ne sont pas du tout adaptés quand on a des panneaux solaires, comme le fer à repasser et le grille-pain. C’est là que j’ai découvert le grille-pain à mettre sur la plaque de gaz par exemple !

La yourte tout confort, c’est possible

Connaître son niveau de confort est à mon sens essentiel pour pouvoir prévoir les équipements nécessaires :

  • Chauffe-eau solaire pour avoir de l’eau chaude ou bien t’en passer?
  • Panneaux solaires pour l’électricité ?
  • Ou bien tu as la possibilité d’avoir l’eau et l’électricité du réseau public ?

Personnellement, nous étions raccordés au réseau, mais sans eau chaude, donc nous faisions la vaisselle à l’eau froide (sauf l’hiver quand on mettait une marmite d’eau sur le poêle). Des amis ont installé un lave-vaisselle dans leur yourte.

L’option yourte tout-confort est donc possible !

Préserver l’intimité de chacun.e en famille

L’art de créer plusieurs espaces en un

Mezzanine, rideaux, meubles qui font office de parois, paravent : chacun peut ainsi créer son espace et son cocon intime.

Créer de nouveaux espaces autour de la yourte

Pourquoi ne pas mettre une cuisine dehors à utiliser aux saisons douces pour éviter les vapeurs de magret de canard qui embaument toute la yourte ?

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Installer des toilettes sèches à l’extérieur, accolées ou non à la yourte ?

Quand les enfants grandissent et que tout le monde veut pouvoir faire le bruit qu’il veut, avoir un espace visuel libéré…il y a la possibilité de faire des extensions.

De notre côté, après 2 ans et demi en yourte de 6m de diamètre, nous l’avons changé d’emplacement (plus ombragé, paysage plus joli) et avons ajouté un chalet pour notre espace chambre. D’autres installent des caravanes ou des mini-yourtes, accolées à la yourte.

L’intimité par rapport à l’extérieur

J’ai beaucoup apprécié l’acoustique d’une yourte. Ça ne résonne pas comme dans un appartement. En revanche, les murs étaient en laine/chanvre et toile, on est donc mal isolés phoniquement de l’extérieur. Si tu décides de mettre la musique à fond, tout le monde va en profiter, et inversement, tu entends facilement une conversation de deux personnes à 10 mètres de ton habitat.

La sécurité des enfants en yourte

Vivre avec un enfant en bas âge dans la yourte a été assez facile.

Comme c’est un petit espace, je n’avais pas besoin de me déplacer beaucoup pour voir s’il était réveillé de sa sieste.

Les multiprises peuvent être mises en hauteur sur les murs en treillis.

Nous avions largement réduit la gamme de nos produits ménagers : du simple vinaigre blanc et bicarbonate de soude faisaient l’affaire, donc il suffisait de les cacher ou de dire non lorsque l’envie lui prenait de vouloir toucher les bouteilles.

Pour les plantes, nous avions des plantes grimpantes sur le treillis, donc pas de risque d’absorption.

Et dans une yourte, pas d’escalier (sauf en cas de mezzanine) donc c’est plutôt pratique.

Le poêle est le seul danger majeur. Le nôtre était au centre de la yourte. Nous avions mis des briques réfractaires autour de celui-ci (c’est tout bénèf’ pour garder les braises en hiver) et enduites celles-ci d’un mélange terre-paille. Ainsi, la chaleur était amplement diminuée, et s’il lui arrivait de se cogner, la douleur sur de la terre est moindre que sur du métal. Pour le tuyau de poêle, nous avions mis un grand bac à bois devant pour qu’il n’y ait pas accès.

Avoir un poêle à bois est aussi l’occasion de faire vivre à un petit enfant l’expérience de la chaleur (avec une chaleur raisonnable) sans qu’il n’ait pas besoin d’y retourner lorsque c’est bouillant.

En laissant une grande place aux endroits possibles d’exploration, un enfant même petit respecte l’espace interdit et ne se met pas en danger.

Tu auras sans doute remarqué la « photo choc » de notre enfant de 21 mois proche du feu. C’est une mise en scène (donc réelle avec du vrai feu) qui a duré quelques secondes le temps de la photo. 

J’espère que cet article t’aura donné une idée plus précise du mode de vie en yourte et peut-être de tenter l’expérience à ton tour !?

Sur mon blog Parents Enfants Connectés, tu pourras lire mon expérience de vie en collectif sur 2 articles qui rejoignent ce sujet, et sur le thème de la parentalité.

Prêt pour l’aventure ?

J’ai beaucoup aimé l’article de Bastienne qui mélange partage d’expérience, conseils pratiques… Une écriture simple, efficace, minimaliste, j’adore…

Est-ce que ça vous a donné envie de tenter cette expérience ?

Qui est posé sur le toit ?
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