émotions

Déprime, quand tu nous tiens !

Ça fait maintenant un peu plus d’un mois que nous sommes en alpage en famille. Et je me sens fatiguée, épuisée, déprimée

En plus de ça, je culpabilise, car ma vie est géniale, mes enfants sont avec nous, nous vivons en pleine nature, dans une région magnifique ! Mais pourquoi, qu’est-ce qui m’arrive ? Horreur,  malheur, que les foudres s’abattent sur moi ! Jamais contente, c’est ça, je ne suis jamais contente …

L’élément déclencheur du coup de mou

On dit souvent qu’en cas de dépression, ou de coup de mou, il y a un élément déclencheur. C’est grave, docteur, si j’en identifie plusieurs ?

Tout d’abord, avec Tilouann, mon aîné, nous avons fait un jeu de l’oie. Style jeu de l’oie orientation sérénité. Et là je tombe sur la case : « mimez trois choses qui vous rendent heureuse ». La panique ! Je réfléchis, je réfléchis encore… et je ne trouve rien ! Je ne sais pas ce qui me rend heureuse ! Si, des choses comme voir mes enfants rigoler… mais ça, c’est eux qui sont heureux, pas moi personnellement. Bref, une histoire toute bête comme ça, ça m’a vraiment chamboulée.

J’ai alors décidé de consigner dans un petit carnet toutes les choses qui m’avaient fait plaisir ou procuré une sensation de bien-être. Pas qui m’avaient rendue heureuse, mais qui en prenaient le chemin. Une sorte de carnet de la gratitude. J’ai lu ça quelque part, je ne me rappelle plus, mais il parait que ça peut aider.

Et puis, je me suis remise à la méditation, 20 minutes par jour…

Et puis, je voulais m’accorder 20 minutes de lecture par jour, car j’aime bien ça. 

Bilan de tous ces petits plus : échec total ! Je n’ai pas le temps ! Du coup, je culpabilise encore plus…

Dans mon carnet, j’ai écrit peut-être dix trucs. J’ai dû faire trois séances de méditation et lire vingt pages de mon livre… 

Une accumulation de choses à faire

C’est pour ça que je dis qu’il n’y a pas qu’un élément déclencheur ! Je pense que mon plus gros problème c’est : la fatigue. Ou alors, qu’il n’y a que 24 heures dans une journée et que j’ai besoin de 9 heures de sommeil. Une vraie marmotte, c’est une catastrophe… bref, je me retrouve avec une journée de 14 heures pour :

  • M’occuper des enfants, faire des jeux, les aider, s’ils le demandent, dans leurs apprentissages, les servir quand ils ont faim, les coucher, lire des histoires, les soigner, les laisser participer à nos activités, avec tout le temps que ça prend en plus pour faire les choses…
  • Faire mon travail auprès des brebis : les garder 4 heures par jour, faire les parcs, les soins, les pédiluves, donner le sel, les croquettes aux chiens… 
  • M’occuper de l’intendance : le ménage, les repas, la lessive (à la main, s’il vous plait !)
  • Les petits plus à côté : les aller-retour en bas pour publier les articles, faire les courses, les copains qui viennent nous visiter
  • Écrire mes articles pour le blog, lire des livres sur le sujet, recevoir des familles, répondre à leurs questions, faire des vidéos, des podcasts.
  • Consacrer un peu de temps à notre projet d’habitat participatif. En effet, nous sommes sur le rachat d’un ancien centre de vacances pour habiter à une vingtaine de familles, monter une oasis…

Alors si en plus je dois m’occuper de moi… Finalement, ça me rajoute une pression supplémentaire, c’est un engagement envers moi-même que je n’arrive pas à tenir. Je crois qu’il faut se rendre à l’évidence : les quatre mois d’alpage ne sont pas faits pour se reposer. 

Une petite précision pour rester juste avec ma moitié : les tâches, celles qui peuvent l’être, sont partagées. N’empêche qu’elles sont là quand même ! Et allez savoir pourquoi, les enfants me sollicitent davantage que leur papa. Lorsque je ne travaille pas, ils souhaiteraient que je m’occupe d’eux en permanence. Quand c’est l’heure que j’aille garder les brebis, ça leur arrive de s’accrocher à mes jambes, de me réclamer plein de câlins… Ça parait mignon comme ça, mais je vous jure que je trouverais ça plus simple s’ils me disaient juste « à tout à l’heure maman ! ».

Je crois finalement que la fatigue, c’est réellement ce qui me fait voir tout en noir. Je la gère beaucoup mieux qu’avant, mais je ne suis pas encore au top. 

J’ai oublié un point qui contribue à vouloir m’auto-fouetter : lorsque je suis fatiguée, je suis beaucoup moins sympa avec mes petites têtes blondes, mes petits anges pleins (trop ?) d’énergie !

Je suis la seule à vouloir faire la sieste l’après-midi… je veux dire entre les enfants et moi, c’est quand même malheureux, vous ne trouvez pas ? 

La vie ensemble, un réajustement récurant

Je vous parle de ça, non pas pour me faire plaindre ni pour me mettre dans le rôle de la victime. Je pense que tout le monde a son envers du décor, quelle que soit la vie qu’il choisit. Beaucoup pourraient qualifier notre vie d’idéale, de rêvée. C’est également ce que je pense. Cette vie, je l’ai imaginée, construite, choisie. Nous l’avons construite en famille. Malgré tout, il nous arrive comme tout le monde d’être fatigués, moins patients, pas parfaits, quoi !

Il est en effet possible de travailler avec ses enfants qui ne vont pas à l’école. Il est possible de vivre en permanence ensemble. Maintenant, c’est vrai que ce n’est pas facile tout le temps. Il est important pour moi de vous le dire, d’être transparente en quelque sorte. La plupart du temps, c’est vraiment chouette, mais c’est épuisant. Ça ne dure pas longtemps, nous arrivons à retrouver un équilibre. Mais finalement, la vie ensemble est toujours en construction. On touche à nos limites, on les découvre, on essaie de les respecter. Les enfants grandissent, nous évoluons. Tout ça fait que ça vit, ça tâtonne. Et encore, je n’ai pas parlé du couple. C’est la même chose, il faut faire attention au couple, à cet équilibre parfois oublié, mis de côté. 

Il m’arrive de douter du chemin que j’ai pris. Est-ce le bon ? Est-ce que je suis capable de continuer sans m’épuiser ? Mais lorsque je réfléchis profondément, lorsque je me recentre, je me rends compte que je suis exactement où je dois être en ce moment et que mes choix sont ceux qui me correspondent pour le moment. Rien n’est figé, tout évolue, chemine. Je me découvre et me réalise jour après jour. Les coups de mou me permettent également de me réajuster, de revoir mes priorités et du coup de changer de cap, légèrement ou totalement si besoin. 

De plus, les autres membres de la famille suivent également leur propre chemin. Notre travail est de faire coïncider ces chemins, en essayant que ce soit de façon harmonieuse et respectueuse. 

Une alternative que je partage

J’ai trouvé quand même une alternative à mon manque de temps pendant l’alpage, histoire de m’apporter tout de même un peu de réconfort :

Je fais des méditations de 5 minutes, voire 10 minutes, lorsque je peux. Si je ne peux pas, j’essaie de faire une ou deux « tâches » en pleine conscience, pour me recentrer. Par exemple, la vaisselle : je ressens l’eau couler sur mes mains, je regarde le chemin de l’éponge et la trace qu’elle laisse… Le but est de ne penser qu’à ce que je fais, de me vider la tête, de vivre le moment présent. Essayez, je vous assure que ça marche ! Pour moi, le challenge, c’est d’arrêter de penser à ce que j’ai à faire après. Ça me fatigue beaucoup moins.

Ensuite, pour mon envie de lire sur de multiples sujets, j’ai trouvé une application qui retrace les moments forts et incontournables d’un livre en 20 minutes. Je les télécharge et les écoute en gardant les brebis. Je fais des pauses, prends des notes, réponds aux questions… C’est vraiment chouette, au moins pour ma culture générale et pour les sujets qui ne me passionnent pas au point de lire des pavés, par exemple sur la création d’entreprise ou le marketing. Ça me permet d’avoir des connaissances, des outils, sans y passer trop de temps, car ce n’est décidément pas ma passion ! Cette application, c’est Koober (je n’ai pas de parts chez eux, hihi). Si vous connaissez d’autres applis, mais sur d’autres sujets, je suis preneuse !

Vive les petites astuces !

C’est à vous

Est-ce que ça vous arrive de douter ? De vous sentir fatigué(e) ? D’avoir envie de remettre vos enfants à l’école ? Allez, dites-moi tout dans les commentaires, je me sentirai moins seule !

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5 commentaires

  • Emilie

    Coucou,
    J’adore tes articles ! 😊
    Oui pas facile la vie mais tellement enrichissante. Nous n’avons pas de brebis mais nous non plus la journée n’est pas assez grande.
    Qu’est ce qui me rend heureuse ?
    Je dirais voir mon fils sourire, voir mon homme sourire, (parce que je suis chiante et pas facile à vivre 😅) et être dans la nature.
    C’est ses 3 choses. Le reste, je m’en fous.
    On a tous des coups de mous et la fatigue est horrible oui. Elle nous tue tout.
    Moi aussi j’y Étais. Là ça va un peu mieux mais on essaie de l’oublier
    C’est quoi ton projet d’habitation ? Ça m’intéresse,. Peux tu m’en dire plus ?
    Courage 😘

    • Marion Billon

      Bonjour Emilie ! Si tu veux en savoir plus sur l habitat participatif, tu peux aller voir sur le groupe fb villages unschooling. J y ai mis la présentation du projet. Après si tu veux en savoir encore plus, contacte-moi via le formulaire de contact du blog.

  • Coscelya

    Je suis ébahie que cela t’arrive aussi j’ai prit un bon fou rire parceque ce matin était le matin “jamais contente”, alors merci pour cet article 😘.
    En saison mes journées de travail font minimum 15h et plus souvent 17h, et quand je rentre j’ai encore 30kg de lessive à gérer, plus les tâches ménagères et de maman. D’habitude je râle après les enfants qui laissent traîner les jouets ou mon chéri qui laisse traîner le linge. Hors ils sont tous partit en vacances… et ce matin je râlais parceque je tourne en rond dans un silence absolu et je me suis dit puree, jamais contente!
    La fatigue je la combat avec rage, elle est toujours accompagnée par des idées noires, une perte de confiance, alors je me pose 5 min et je regarde le chemin parcouru, que de larmes, que de douleurs, pour arriver à ce résultat qui m’obsède: voir des étoiles briller dans les yeux de mes enfants.
    Alors je sais que mes choix de vie sont les bons… et je repars à 100 à l’heure!

  • Ludovic

    Bonjour,
    Avec nos 5 enfants dont 3 en IEF cette année (la dernière n’ayant eu que 3 ans en juillet et elle ne fait pas ses nuits), nous sommes aussi fatigués.
    Nous changeons aussi de maison, la nouvelle en location, avec plein de travaux finalement, car nous n’avions plus assez de place nous prend du temps et de l’énergie.
    Pas facile de concilier vie de couple, vie de famille, repos et prendre soin de soi.

    Petite question, ne pouvez-vous pas emmener les enfants pour la garde des brebis?

    Bon courage à vous.

    • Marion Billon

      Bonjour et merci pour votre commentaire. Ça nous arrive bien sûr d’emmener les enfants avec nous mais ce n’est pas évident. Soit nous partons à 6h30 soit on revient à 21h. Ça fait tôt/tard pour eux. Ensuite, marcher hors sentier avec du dénivelé, dur dur pour des petits bouts et du coup dur pour nous. Il nous faut les porter, les tirer, prendre des affaires pour le froid, pour manger… avec la fatigue, j’avoue que je ne peux pas les emmener autant qu’ils le voudraient…😅

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